Marseille: Des Niçois devant la justice pour avoir participé aux «croisières cocaïne»

JUSTICE Ils sont accusés d’avoir pris part à un trafic international de drogue…

M.F. avec AFP

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En 2015, 343 bateaux de croisière ont fait escale sur la Côte d'Azur.
En 2015, 343 bateaux de croisière ont fait escale sur la Côte d'Azur. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • A la barre du tribunal de Marseille, 35 personnes seront entendues.
  • Elles sont soupçonnées d’avoir fait transiter de la drogue du Maroc à Rio, puis de Rio à la France.

Ils jouaient les jeunes couples profitant d’une croisière. En réalité, ils acheminaient de la drogue, de Savone, en Italie, à Rio en passant par Casablanca. Trente-cinq Niçois sont jugés à Marseille à partir de lundi pour ce trafic international.

Au total, 27 hommes et huit femmes, pour la plupart issus des mêmes quartiers populaires de Nice, vont être jugés par le tribunal correctionnel de Marseille. Trois d’entre eux sont en fuite.

De 2012 à mars 2014, ils sont accusés d’avoir participé, comme « cerveau », « fournisseur » ou simple « mule », à un vaste trafic de drogue entre la France et l’Amérique du Sud. La plupart des jeunes hommes et femmes impliqués, âgés d’une vingtaine d’années au moment des faits, ont été attirés par la rumeur qui circulait dans le quartier des Moulins à Nice de « croisières cocaïne ».

Escale marocaine

Le principe était simple : les faux couples embarquaient pour une croisière trans-méditerrannéenne ou transatlantique sur un bateau de la compagnie Costa. Lors d’une escale marocaine, ils se rendaient dans un appartement où des trafiquants leur fixaient au corps des sacs de cannabis à l’aide de scotch.

Ainsi lestés, ils regagnaient le bateau, et livraient la marchandise à Rio, en échange cette fois de cocaïne à destination de la France. En raison du fait du prix élevé de la résine de cannabis sur le continent américain, les trafiquants réalisaient un marché avantageux pour obtenir de la cocaïne à bas prix.

Une rémunération de 10.000 euros par passeur

A la tête du réseau, plusieurs figures au casier judiciaire déjà bien rempli : « le Noir », le « Chinois », « Ferraille », ou encore « El Viejo », un ancien pizzaiolo du Cap d’Agde. Selon les enquêteurs, les deux initiateurs du trafic, Victor Sanchez et Karim Moutakhaouil, déjà condamnés pour des affaires de stupéfiants, étaient basés au Maroc d’où ils organisaient ces voyages --13 en deux ans-- rémunérés 10.000 euros par passeur, en plus du voyage payé.

C’est lors d’une escale à Tenerife que le comportement suspect d’un « couple » de passeurs avait alerté les autorités. Grâce aux écoutes téléphoniques, le réseau avait été démantelé. En avril 2014, la police met un terme aux « croisières cocaïne » en interpellant une vingtaine de personnes sur commission rogatoire internationale d’un magistrat de la Juridiction interrégionale spécialisée de Marseille (Jirs, chargée des affaires de crime organisé).

Karim Moutakhaouil, qui ne participait jamais aux croisières et faisait peu de déplacements en France, supervisait aussi l’écoulement de la dogue. En fuite, il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international. Le procès devant le tribunal correctionnel de Marseille se tiendra jusqu’au 9 juin.