Nice: Christian Estrosi démissionne de la présidence de la région Paca pour redevenir maire de Nice

POLITIQUE L'élu Les Républicains assure ne pas vouloir entrer dans le nouveau gouvernement...

Fabien Binacchi et Mathilde Frénois

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Christian Estrosi lors d'un conseil municipal à Nice le 25 avril 2016.
Christian Estrosi lors d'un conseil municipal à Nice le 25 avril 2016. — BEBERT BRUNO/SIPA
  • « Ma seule ambition c’est de servir ma ville et ma région, pas d’entrer au gouvernement », a assuré Christian Estrosi.
  • L’élu LR devrait retrouver son siège à la mairie de Nice dès la semaine prochaine.
  • Il justifie cette décision par la « meurtrissure » qu’a été l’attentat du 14 juillet 2016.

Coup de théâtre à Nice (Alpes-Maritimes). Christian Estrosi a annoncé ce lundi soir sa démission de la présidence de la région Paca pour… redevenir maire. Et pas, a-t-il affirmé, pour être l’un des ministres d’Emmanuel Macron. Sa nouvelle élection à la tête de la cinquième ville de France devrait s’opérer « en début de semaine prochaine ».

« Je vais le dire de manière très claire : ma seule ambition c’est de servir ma ville et ma région, pas d’entrer au gouvernement » du nouveau président de la République, a lancé Christian Estrosi lors d’une réunion publique organisée à Nice.

Dans l’entre deux-tours, l’édile de droite avait clairement apporté son soutien à Emmanuel Macron, pour faire barrage à Marine Le Pen. L’élu Les Républicains avait aussi estimé que « la droite pourrait être amenée à gouverner avec Emmanuel Macron ».

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Sa (ré)élection programmée pour la semaine prochaine

"Je veux assurer [les Niçois] que ce qui a guidé mon action hier, aujourd’hui et ce qui la guidera demain c’est leur bien-être. Et ni un poste au gouvernement, ni une autre proposition ne me fera changer d’objectif », a lancé Christian Estrosi.

Le président du conseil régional de Paca a indiqué qu’il réunirait mardi « la majorité régionale » qui sera chargée de lui « choisir un successeur ».

Philippe Pradal, son ancien premier adjoint devenu maire de Nice en juin 2016, a remis sa démission au préfet des Alpes-Maritimes ce lundi soir. Le conseil municipal se réunira pour « élire un nouveau maire en début de semaine prochaine », a expliqué Christian Estrosi, qui a obtenu le soutien de la majorité municipale « à l’unanimité ».

L’attentat du 14 juillet, une « meurtrissure »

Ce changement de cap et ce retour en force dans sa ville natale, Christian Estrosi les justifie par le traumatisme de l’attentat qui a touché la promenade des Anglais.

« Le 14 juillet 2016 a été pour moi, comme pour tous les Niçois, une meurtrissure. J’avais au fond de moi le sentiment que ma ville aurait besoin de moi afin qu’avec Philippe Pradal, nous puissions finaliser les commémorations du 14 juillet qui restera une plaie à vif jusqu’à mon dernier souffle », a-t-il expliqué ce lundi soir.

« Je crois qu’il entrera dans son deuxième gouvernement »

« Après avoir abandonné Nice pour la région, il a abandonné la droite pour Macron, et maintenant il abandonne la région pour revenir à Nice. Ça donne le tournis quand même, estime de son côté le conseiller municipal et régional FN Olivier Bettati. Derrière, il y a forcément des tractations avec Emmanuel Macron. Je crois qu’il a envie de devenir ministre et je pense qu’il entrera dans son deuxième gouvernement. »

Une version qu’écarte, en tout cas pour le moment, l’entourage de Christian Estrosi.

Elu président de la région Paca en décembre 2015 face à Marion Maréchal-Le Pen, il avait démissionné de son poste de maire, loi sur le non-cumul des mandats oblige.

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