Alpes-Maritimes: Cinq ONG font front commun «pour les migrants et ceux qui les aident»

FRONTIERE Amnesty international, La Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières et le Secours catholique renforcent leur collaboration…

Fabien Binacchi

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Lisette, Congolaise coincée à Vintimille, a peur pour l'avenir de ses enfants.
Lisette, Congolaise coincée à Vintimille, a peur pour l'avenir de ses enfants. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes
  • Les ONG s’engagent notamment à s’associer pour « porter des contentieux et mettre les Etats face à leurs responsabilités ».
  • Elles pourraient aussi envisager de créer « un lieu de répit et d’accueil » en France.

Ils sont venus trouver une « réponse adaptée, non pas à une crise migratoire, mais à une crise de l’accueil » à la frontière franco-italienne, où « la situation ne cesse de se détériorer ». Après deux jours de discussions à Nice, cinq ONG ont annoncé jeudi le lancement d’un front commun pour « aider les migrants et ceux qui les soutiennent ».

Amnesty international France, La Cimade, Médecins du monde, Médecins sans frontières et le Secours catholique se sont notamment engagés « à porter des contentieux et mettre les Etats face à leurs responsabilités ».

« Un lieu de répit et d’accueil en France »

« Il y a de graves défaillances, des atteintes à la législation de la part des autorités françaises et italiennes. Notamment pour les mineurs, a pointé Cécile Coudriou, la vice-présidente d’Amnesty International. Des renvois se font sans notification, ce qui est contraire à la loi. »

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« Si la situation n’évoluait pas dans les mois qui viennent dans cette région, on pourrait envisager de créer un lieu de répit et d’accueil en France pour contraindre l’Etat à faire son devoir et à accueillir ces gens », a également déclaré le docteur Philippe de Botton.

Le responsable de Médecins du Monde, dénonçant « un blocage de la frontière ayant déjà conduit à la mort de onze personnes, tuées notamment sur l’autoroute ».

Des kits de formation juridique

Les ONG prévoient également la mise en place « d’un kit de formation juridique pour protéger les personnes qui apportent leur aide aux migrants », a précisé Louise Avon du Secours catholique, pointant les « nombreuses interpellations et procédures » lancées contre des militants. « On est respectueux des lois, jusqu’à a un certain point. La dignité humaine a tous les droits », a lâché la responsable.

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Selon Maurizio Marmo de l’association Caritas, à Vintimille, entre 35 000 et 40 000 migrants seraient arrivés depuis janvier, soit 40 % de plus qu’en 2016. Des chiffres que la préfecture des Alpes-Maritimes n’était pas en mesure de commenter, période de réserve oblige.