Alpes-Maritimes: Il ne payait pas ses impôts, le maire LR démissionnaire condamné

JUSTICE Michel Meïni, ancien élu de La Gaude, a écopé de six mois de prison avec sursis…

Fabien Binacchi
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Michel Meïni, l'ex-maire de La Gaude, le 26 avril 2017 au palais de justice de Grasse
Michel Meïni, l'ex-maire de La Gaude, le 26 avril 2017 au palais de justice de Grasse — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes
  • Le maire de La Gaude avait également été contrôlé à la frontière franco-suisse avec plus de 20.000 euros en liquide
  • Il justifie ces fraudes par la traversée d’une période très difficile de sa vie

« J’ai vraiment fait n’importe quoi. » Michel Meïni, l’ex-maire démissionnaire de La Gaude (Alpes-Maritimes), mauvais contribuable repentant devant le tribunal correctionnel de Grasse, a été condamné ce mercredi à six mois de prison avec sursis.

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L’élu Les Républicains, toujours conseiller régional, était poursuivi pour avoir omis de déclarer ses impôts sur le revenu et l’ISF, de 2010 à 2014. Pour un total de 66.214 € de « droits éludés ».

« Ces années-là, vous ne déclarez rien et vous ne répondez à aucun courrier de relance de l’administration fiscale. La question, c’est pourquoi », a lancé le président du tribunal Marc Joando. « Rien ne justifie de ne pas faire son devoir de citoyen, d’autant plus quand on est élu », a simplement répondu Michel Meïni, ancien agent immobilier et enseignant en économie et en matières juridiques dans des établissements privés de 53 ans.

« Michel Meïni avait perdu pied »

L’homme, qui avait également été contrôlé à la frontière franco-suisse, courant 2010, avec plus de 20.000 euros en liquide (issus d’un compte non déclaré), assure depuis être rentré dans le rang.

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« A cette période-là, Michel Meïni avait perdu pied », ont indiqué, à sa rescousse, ses avocats. « Et il n’est nulle question de phobie administrative dans ce dossier », a plaidé Me Emmanuel Moyne, faisant référence aux déboires de l’ancien secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur Thomas Thévenoud.

« On se situe là dans une période très difficile de la vie de Michel Meïni qui a commencé par la mort de ses parents et qui s’est poursuivie par la frénésie de la vie politique. Maillée, dès 2009, par les recours portés contre son élection à la mairie de La Gaude et par de multiples menaces anonymes reçues », a argué le conseil.

« Je souhaite me remettre en quête d’un emploi »

« Là où le bât blesse, c’est que cet homme a décidé de guider l’action publique. Il fait voter l’impôt, local certes, d’un côté et essaie de ne pas payer l’impôt, national, de l’autre », a noté le procureur qui avait requis 10 mois de prison avec sursis et 5.000 € d’amende.

Michel Meïni, qui avait démissionner de son mandat de maire de La Gaude (6.500 habitants) en février pour préparer sa défense, a finalement écopé d’une peine moindre et d’aucune inéligibilité. « C’est un jugement très clément, s’est-il réjoui à l’issue du procès. Maintenant, je souhaite rester conseiller régional et me remettre en quête d’un emploi. »