Fausses victimes des attentats de Paris et de Nice, ils risquent (très) gros

JUSTICE Deux Cannois ont escroqué le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme...

Fabien Binacchi

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Une femme se tient le 21 juillet 2016 à Nice devant le trottoir de la Promenade des Anglais qui a été transformé en mémorial
Une femme se tient le 21 juillet 2016 à Nice devant le trottoir de la Promenade des Anglais qui a été transformé en mémorial — Valery HACHE AFP

Les 60.000 euros déjà extorqués après les attentats de Paris ne leur avaient, semble-t-il, pas suffi. Un couple de Cannois, Vera Vasic et Sasa Damjanovic,condamnés respectivement le 8 décembre 2016 à trois et six ans de prison ferme pour s’être fait passer pour de fausses victimes des explosions au Stade de France, se retrouvera à nouveau face à la justice ce mercredi après-midi.

Poursuivis pour avoir tenté de flouer une nouvelle fois le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme (FGTI) après l’attaque de Nice, le 14 juillet 2016. Des faits que les deux concubins ont fini par reconnaître en garde à vue. Face au tribunal correctionnel de Grasse, ils encourent jusqu’à 14 ans d’emprisonnement.

« L’appât du gain »

Après avoir prétendu se trouver à Saint-Denis le 13 novembre 2015, l’homme de 36 ans et la femme de 29 ans s’étaient donc à nouveau manifestés suite à l’attentat la promenade des Anglais.

Alertées par le FTGI suite à ce second signalement plus que troublant, les autorités finissaient par découvrir qu’ils ne se trouvaient ni en région parisienne, ni à Nice ces soirs-là. Leurs téléphones avaient cafté.

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Sasa Damjanovic, le plus lourdement condamné (il est le seul des deux à avoir fait appel du premier jugement), expliquait à une première audience, début mars, « avoir été attiré par l’appât du gain ». La femme, Vera Vasic, avait de son côté choisi de ne pas s’exprimer. Leur avocat n’était pas joignable mardi.

« Un gros travail de vérification »

« Le FGTI attend d’avoir des explications sur le comportement de ces personnes qui ont vraisemblablement cru bon de récidiver après une première escroquerie, explique à 20 Minutes Me Roland Rodriguez, l’avocat du Fonds qui s’est constitué partie civile.

Selon lui, « le FGTI fait un gros travail de vérification avec toute l’humanité qu’imposent ces situations ». Mais certains arrivent à passer entre les mailles… au moins jusqu’à se faire coincer. Cinq condamnations pour escroquerie ont déjà été prononcées. Et dix autres affaires sont en cours.