Nice: Pour «éviter les agressions», elle veut lancer une plateforme VTC 100% féminine

TRANSPORTS La Niçoise Laura Guido, 22 ans, a ouvert un financement participatif pour mettre son appli smartphone en route...

Fabien Binacchi

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La Niçoise Laura Guido a imaginé Ladies Drivers
La Niçoise Laura Guido a imaginé Ladies Drivers — Ladies Drivers

Tous ses conducteurs seront… des conductrices. Laura Guido, une étudiante niçoise de 22 ans, vient de lancer le projet d’une plateforme VTC sur smartphone 100 % féminine. « Pour éviter tous les problèmes, dit-elle. L’idée m’est venue en regardant les infos. J’ai vu qu’une femme s’était fait harceler par le chauffeur qui l’avait prise en charge via une appli. Et qu’elle n’était pas la seule à avoir subi ça. »

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Pour boucler son projet, baptisé Ladies Drivers et « incubé » au Centre européen d’entreprises et d’innovation (CEEI) Nice Côte d’Azur, la jeune femme vient de lancer un financement participatif sur Ulule. « J’ai besoin de 6.000 euros pour boucler une première version de l’application. Si j’arrive à trouver l’argent, elle pourrait être publiée pour la rentrée, en septembre ou en octobre », explique Laura Guido.

Aux Etats-Unis, des projets similaires ont récemment vu le jour. Dont See Jane Go, basé exactement sur le même principe, et aussi  Safr, qui permet aux utilisateurs de choisir d’être conduit par un homme ou par une femme. De nouveaux services qui ont fait planer le doute sur leur légalité, et sur une éventuelle discrimination. Laura Guido, elle, ne croit pas à ce genre de blocages en France. «Il y a bien des salles de sport réservées aux femmes ou des coiffeurs pour hommes», dit-elle.

Remarques malsaines et propositions indécentes

Son appli permettra donc à des femmes, et uniquement des femmes, d’en conduire d’autres. « Il y a eu beaucoup de signalements d’utilisatrices harcelées ou même agressées par des chauffeurs. Et il faut éviter cela », avance l’entrepreneuse. Il y a quelques mois, RTL relayait ainsi les expériences de cinq utilisatrices de l’appli Uber qui affirmaient avoir eu à subir des remarques malsaines ou des propositions très indécentes de la part de leur chauffeur…

L’an dernier, l’entreprise américaine avait aussi reconnu avoir recensé aux USA « cinq plaintes avérées pour viol et environ 170 pour diverses agressions sexuelles » entre 2012 et 2015. « Il ne faut bien sûr pas faire de généralités, mais au moins, avec mon système, les femmes pourront voyager l’esprit tranquille », avance Laura Guido.

Beaucoup de conducteurs, pas beaucoup de conductrices

« Tout sera aussi fait pour les enfants qui les accompagnent. Des sièges-autos enfants et bébés seront mis gratuitement à disposition dans les véhicules. Et les papas, s’ils voyagent en famille, ne resteront pas sur le toit », s’amuse l’Azuréenne.

Les hommes seuls, en revanche, ne pourront pas monter à bord. « Pour protéger, aussi, nos conductrices », dit-elle. Des femmes chauffeurs de VTC encore peu nombreuses. Elles ne représenteraient que 5 % des effectifs totaux de la profession.

Laura Guido en est consciente et a déjà commencé à s’organiser. « J’ai négocié 10 % de remise chez un formateur local, du côté de Cannes », explique-t-elle. En attendant peut-être d’autres initiatives, ailleurs dans l’Hexagone.

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