Attentat à Nice: Des ateliers thérapeutiques pour aider les enfants victimes à se reconstruire

SANTE Sept enfants présents sur la promenade des Anglais le 14 juillet suivent un atelier destiné à les aider à surmonter le traumatisme de l'attentat...

Mathilde Frénois

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Sept enfants présents sur la promenade des Anglais le 14 juillet suivent un atelier thérapeutique.
Sept enfants présents sur la promenade des Anglais le 14 juillet suivent un atelier thérapeutique. — M. Frénois / ANP / 20 MInutes

Romain et Clément* font rouler la terre entre leurs mains. Les doigts dans l’argile, ces deux Niçois de 5 ans et demi et six ans tentent de réapprendre à vivre. Neuf mois après l’attentat qui a frappé Nice, ils participent à un stage thérapeutique, avec cinq autres enfants également affectés par l’acte terroriste, organisé par l' AFVT (association française des victimes de terrorisme). Le 14 juillet dernier, tous étaient sur la promenade des Anglais.

Pendant une semaine, ils iront d’ateliers thérapeutiques en groupe de paroles afin de sortir de leur situation traumatique, éloigner la vision du sang, le ressenti du mouvement de foule et celui des corps qui tombent.

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Ce temps, réservé aux enfants et encadrés par des psychologues, est une première en Europe. « Ils ont, par exemple, des problèmes la nuit, explique Dominique Szepielak, psychologue clinicien. Cela provoque de la fatigue et influe sur leur anxiété, leur scolarité. Ils s’empêchent de voir et de ressentir des émotions. Cela peut provoquer l’enferment. »

« La résilience des victimes »

Autour de la table, Romain, Clément et les cinq autres enfants ont enfilé leur blouse pour un atelier d’art-thérapie. Devant eux se dressent des volcans et des vases : « On travaille sur le contenant, dit le psychologue. Quand on a un traumatisme, on n’arrive plus à maîtriser ses émotions, sa mémoire. » Les enfants reconstruisent, élèvent et investissent leur contenant. C’est le début de la reconstruction « où les émotions sont extrêmement importantes », insiste Dominique Szepielak.

Les effets du stage spécial enfants se font déjà ressentir : « Mon fils avait peur de l’obscurité, il se sentait seul, il n’arrivait pas à trouver sa place, il a pris de la maturité trop vite, raconte une mère d’un des enfants présents sur la promenade. Maintenant il commence à parler et à s’exprimer. »

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L’amélioration de l’état des enfants influera sur celui de leurs parents. Et même plus. « La résilience des victimes emportera la résilience des Niçois », assure Guillaume Denoix de Saint Marc, président de l’AFVT. Il faut que les victimes arrivent à reprendre le pilotage de leur vie. » Reste encore quatre jours d’ateliers aux enfants « pour réapprendre à créer du lien » après avoir vécu le traumatisme du 14 juillet.

* Les prénoms ont été modifiés

* Les prénoms ont été modifiés