« On apprend par exemple que Marine Le Pen emprunte parfois au discours social de Jean-Luc Mélenchon et qu’elle reste très attachée aux termes liés au patriotisme. Ou encore que François Fillon a abandonné le mot "exemplarité", très utilisé avant les affaires, pour répéter plutôt "ordre" et "famille" ».

Depuis les primaires républicaines, le chercheur niçois du CNRS Damon Mayaffre et son équipe passent les discours des candidats à la présidentielle (du moins des cinq qui font la course en tête selon les sondages) à la moulinette. Et décortiquent ces « éléments de langage » sur la plateforme mesure-du-discours.unice.fr, accessible au public.

« Eclairer les électeurs »

« On met à l’épreuve des algorithmes que nous développons depuis une trentaine d’années, explique le directeur du laboratoire Bases Corpus, Langage (BCL) à l’université de Nice. Nos ordinateurs font une analyse des discours. »

Des données « qui pourraient pourquoi pas éclairer certains électeurs », selon le chercheur. Avec lui et le créateur de la plateforme, l’ingénieur du CNRS Laurent Vanni, quatre autres spécialistes travaillent sur la logométrie (l’étude de la récurrence des termes) et le deep learning, qui permet au logiciel « de reconnaître l’auteur de chaque parole, à force d’en emmagasiner », dixit Damon Mayaffre.

Et permet d’en tirer quelques enseignements. « Emmanuel Macron multiplie les mots "renouvellement", "changement", "transformation" et gomme les clivages, note encore le responsable du laboratoire. Très centré sur la lutte des classes, Jean-Luc Mélenchon a l’une des rhétoriques les plus facilement identifiables. Contrairement à Benoît Hamon, qui emprunte un peu aux deux dans un discours très sociétal. »

 

>> Quel candidat à l'élection présidentielle correspond le mieux à vos idées ? Testez notre boussole ici dans sa version optimisée ou ci-dessous. ​​