Attentat de Nice: Une famille de victime veut le dépaysement de la procédure sur la sécurité

JUSTICE « Il y a un blocage du parquet », estime leur avocat... 

M.Fr. avec AFP

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Des hommages sont rendus aux victimes du terrible attentat qui a frappé Nice le 14 juillet 2016.
Des hommages sont rendus aux victimes du terrible attentat qui a frappé Nice le 14 juillet 2016. — AFP

Ils veulent que la procédure pénale se tienne loin de Nice. Les parents d’un enfant tué dans l' attentat de la promenade des Anglais ont demandé le dépaysement de l’enquête portant sur les failles de sécurité qu’ils reprochent aux organisateurs de la soirée du 14 juillet.

Leur requête a été réceptionnée en début de semaine au parquet général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, selon Me Yassine Bouzrou qui intervient dans le cadre d’une plainte avec constitution de partie civile déposée avant Noël et qui reproche au parquet de Nice ses atermoiements. « Il y a un blocage du parquet », estime l’avocat, qui s’impatiente de voir désigner un magistrat instructeur.

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« Le procureur a participé aux réunions préparatoires »

Le dépaysement est doublement justifié selon lui parce que « le procureur a lui-même participé aux réunions préparatoires sur les risques d’attentat » et que « son enquête préliminaire (classée sans suite) est totalement partielle car ni le préfet ni aucun policier n’ont été entendus » dit-il.

Après l’attentat qui a fait 86 morts et 450 blessés, le parquet de Nice avait été saisi de plaintes contre l’Etat et la municipalité de Nice pour mise en danger de la vie d’autrui, déposées par 23 familles ou proches de victimes.

« Aucun fait de nature à engager une quelconque responsabilité pénale »

Le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre, avait cependant classé cette première enquête sans suite le 19 janvier en estimant qu’il ne pouvait retenir « aucun fait de nature à engager une quelconque responsabilité pénale à l’encontre de quiconque ».

Il avait toutefois indiqué que cette décision ne scellait pas irrémédiablement l’affaire, assurant que les plaignants pouvaient déposer plainte avec constitution de partie civile pour obtenir une instruction indépendante, ou se retourner devant des juridictions administratives ou civiles.

Le soir de l’attentat, plus de 30.000 personnes assistaient au feu d’artifice lorsque Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Franco-Tunisien de 31 ans, a foncé dans la foule avec un camion. L’attentat a été revendiqué par le groupe État islamique que la France combat en Irak et en Syrie.