Nice: Ils créent Musethic, un label de musique aux notes éthiques

CULTURE Des Azuréens tentent d’inculquer la transparence économique au monde du spectacle…

Mathilde Frénois

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Illustration d'un concert à Toulouse
Illustration d'un concert à Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Jusqu’à présent, commerce équitable rimait plutôt avec chocolat, café et thé venus de l’autre bout de la planète. Une association azuréenne tente de mettre le monde de la musique au diapason. Musethic veut en effet intégrer cette démarche solidaire aux événements culturels.

« La naissance du mouvement date des premières grèves d’intermittents du spectacle conjuguées à la mutation de l’industrie de la musique, à l’explosion du numérique, à la chute des ventes et à la concentration des pouvoirs dans les grandes maisons de disques », rappelle Gilles Mordant, fondateur de l’association.

Une charte pour les concerts et spectacles

Face à la peur de « la perte de la diversité », Fairplaylist est créée en 2003 pour développer un nouveau système économique. L’association change de nom début 2017 et devient Musethic. Gilles Mordant et son équipe se tournent alors vers un modèle qu’ils connaissent : le commerce équitable. Ils organisent des concerts dans des « territoires de pauvreté culturelle, comme Breil ou Mouans-Sartoux » et créent une charte.

Le label Musethic se veut « social, économique et transparent », insiste son fondateur. Pour suivre ces principes, la charte prévoit l’utilisation de gobelets consignés, les économies d’énergie, le « 0 km » pour la buvette. « Les bières et les vins doivent venir du coin, précise-t-il. Ces engagements permettent d’organiser un événement plus respectueux de l’artiste, des techniciens, mais aussi du public. »

Billetterie mise à nue

Musethic met aussi en place un outil de transparence des fonds versés pour les spectacles. Lors de l’achat des billets, l’association communique l’économie de la soirée. « Ça prend la forme d’un gros camembert », précise Gilles Mordant. Par exemple, au concert de Sanseverino, le 10 novembre, 46 % du prix du billet étaient reversés à l’artiste et à ses techniciens, 26 % à la production, 4 % au déplacement et 11 % pour la TVA et la Sacem. Une billetterie mise à nue qui permet à Gilles Mordant et à son label de balayer le mot « industrie » de la musique, lui préférant amplement celui de « filière »