Fausses victimes des attentats de Paris déjà condamnées, ils sont jugés pour avoir récidivé à celui de Nice

JUSTICE Déjà condamné à 6 et 3 ans de prison ferme, ce couple de Cannois avait tenté de réitérer son escroquerie auprès du fonds d’indemnisation des victimes…

Fabien Binacchi

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Le mémorial de l'attentat de Nice
Le mémorial de l'attentat de Nice — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Le 8 décembre 2016, le tribunal correctionnel de Grasse les avait déjà condamnés à des peines « exemplaires » pour s’être fait passer pour de fausses victimes des attentats de Paris. Ce mercredi, Sasa D. et Vera V. se sont à nouveau retrouvés sur le banc des prévenus, poursuivis pour avoir tenté de réitérer leur escroquerie après l’attaque de Nice.

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Les deux conjoints, respectivement condamnés à six et trois ans de prison ferme, ont demandé un délai pour préparer leur défense mais ont reconnu les faits, lundi, en garde à vue. En attendant leur nouvelle audience, le 19 avril, ils vont rester incarcérés.

Une présence aux deux attentats qui a vite paru louche

Après avoir prétendu se trouver au stade de France le soir du 13 novembre 2015 (une escroquerie pour laquelle ils avaient touché 60.000 euros), les deux Cannois s’étaient à nouveau manifestés auprès du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et autres infractions (FGTI) pour l’attentat du 14 juillet. C’est d’ailleurs cette seconde demande qui avait alerté les services du FTGI, les poussant à alerter les autorités.

Le soir de la Fête nationale, juste après avoir été alertés de l’attaque, les deux prévenus se seraient précipités de Cannes où ils résidaient jusqu’à la promenade des Anglais. En vue de leur escroquerie. Mais, des analyses sur leurs téléphones finissaient par confirmer qu’ils ne se trouvaient ni à Nice, ni à Paris d’ailleurs le 13 novembre 2015.

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« Attirer par l’appât du gain »

Déjà condamné à onze reprises, notamment pour escroquerie, Sasa D. a expliqué à l’audience « avoir été attiré par l’appât du gain, étant à ce moment-là en détresse [financière], sans être conscient » de la gravité de ses actes.

« Je voudrais demander pardon à toutes les victimes et à tous ceux qui ont été choqués. Je regrette », a-t-il dit mercredi devant le tribunal correctionnel de Grasse. Sa compagne n’a de son côté pas souhaité s’exprimer.

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Des désistements après le jugement « exemplaire » du 8 décembre 2016

Des enquêtes sont également lancées pour trois proches des deux prévenus qui auraient également déposé des demandes d’indemnisation après l’attentat de Nice. Démarches auxquels certains auraient depuis renoncé.

« Depuis le jugement du 8 décembre 2016, le FTGI a constaté un certain nombre de désistements », relève d’ailleurs Me Roland Rodriguez, l’avocat du Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et autres infractions, qui s’est constitué partie civile.

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Depuis les attentats de Paris et Nice, cinq condamnations ont été prononcées pour des escroqueries ou tentatives d’escroqueries du FTGI. Et dix autres affaires sont en cours.