Nice: Enseignants à l’université, ils s’engagent pour l'intégration des réfugiés

SOLIDARITE Les frais d'inscriptions sont exonérés pour les demandeurs d'asile... 

Mathilde Frénois

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Le dispositif facilite l’intégration des
étudiants réfugiés.
Le dispositif facilite l’intégration des étudiants réfugiés. — G. VARELA / 20 MINUTES

Quand Fatima* est arrivée en France en décembre 2015, elle a vécu le « parcours du combattant ». D’abord pour faire sa demande d’asile. Ensuite pour poursuivre ses études sur les bancs de la fac de Nice. « Pour m’inscrire, l’université me demandait des papiers que je n’avais pas. C’était compliqué, explique cette réfugiée politique algérienne de 24 ans. L’administration nous obligeait à passer par Admission post bac. On était sûrs de ne pas être acceptés car ils demandent un statut régulier ou définitif. »

Pour faciliter l’inscription à l’université Nice Sophia Antipolis de Fatima et d’autres réfugiés, deux enseignants ont décidé d’accompagner leurs démarches et leur intégration dans le cursus.

Des cours de français

« On était déjà militants dans nos vies personnelles », expliquent Michel Rueher et Karine Emsellem. Alors, face à la difficulté de gérer les situations de leurs étudiants réfugiés au cas par cas, ils décident de demander l’engagement de la présidente de l’université, qui accepte l’exonération des frais d’inscription pour les demandeurs d’asile. « Ils se heurtent à la machine administrative. On fait tampon », dit Karine Emsellem, qui a aussi mis en place des cours de français.

Aujourd’hui, douze étudiants (syrien, colombien, russe, algérien, congolais…) font partis du processus. Quarante en ont fait la demande. Inscrite en LEA, Fatima essaie d’intégrer un BTS avec l’aide des enseignants.

Bientôt l’aide au logement

« Pour faire des études, il faut que la personne soit stable. Et cela passe par l’hébergement », insiste Michel Rueher. Les enseignants cherchent donc à mettre en place des aides au logement.

« Le droit à l’étude est indispensable, estime-t-elle. Ce n’est pas facile de vivre dans un pays qui n’est pas le nôtre. Il est important pour les jeunes de s’intégrer. » Aucune limite de nombre de prises en charge de réfugiés n’a été fixée par l’université.