Nice: La mère infanticide et suicidaire écope de 14 ans de prison

JUSTICE En 2014, Véronica M. avait noyé son fils de 4 ans avant de tenter de se suicider au gaz...

F.B. avec AFP

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Une explosion avait détruit l’appartement où a été retrouvé le garçonnet (Archives)
Une explosion avait détruit l’appartement où a été retrouvé le garçonnet (Archives) — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Elle avait elle-même réclamé « la peine la plus lourde ». Veronica M., une jeune mère isolée d’origine cap-verdienne, a été condamnée vendredi à 14 ans de réclusion pour avoir noyé son petit garçon dans un seau d’eau, avant de faire exploser son appartement au gaz, début 2014, dans le centre de Nice.

Les jurés de la cour d'assises des Alpes-Maritimes ont estimé que l’accusée n’était pas en pleine possession de ses facultés mentales au moment du drame, le soir du 23 janvier 2014. Ils sont cependant allés au-delà des dix ans d’emprisonnement requis par le parquet.

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La peur « d’être séparés »

« Rien ne peut expliquer ce que j’ai fait. Il n’y a aucune excuse et toutes les autres solutions étaient meilleures. Mais j’avais peur que lui et moi soyons séparés à nouveau », avait déclaré dès l’ouverture du procès, mercredi, Veronica M.

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Incarcérée pendant quelques mois en 2013 dans le cadre d’une affaire d’escroquerie, la jeune femme n’avait pas supporté d’être éloignée de son fils et craignait une nouvelle séparation. Son procès était programmé quelques jours seulement après les faits de janvier 2014.

La mère, hantée par sa propre enfance faite d’abandon, de maltraitance maternelle et de déracinement, était également en conflit avec le père de l’enfant qu’elle accusait d’être démissionnaire.

« L’enfer est à l’intérieur d’elle-même 24 heures sur 24 »

« C’était une bonne mère, la seule chose qu’elle ne voulait pas était que son fils ait la même enfance qu’elle », ont plaidé ses avocats, Me Olivia Marangoni et Me Eric Scalabrin, en demandant des soins psychiatriques plutôt que la prison.

Selon eux, la jeune femme, toujours suicidaire aujourd’hui, « était dans une spirale où la priorité était que son fils soit bien, mais elle avait peur de l’avenir et un sentiment d’impasse totale ». « Elle s’est elle-même infligée la pire des condamnations : la douleur d’une mère qui a perdu son fils, ont-ils ajouté Qu’elle soit aux Seychelles ou en prison, l’enfer est à l’intérieur d’elle-même 24 heures sur 24. »

Découverte grièvement brûlée dans les décombres de son appartement, elle avait avoué le meurtre à l’hôpital. « Je vais être condamnée à des années de prison et je vais les faire, expliquait Veronica M. mercredi. Mais ce procès ne me servira à rien parce qu’en France on ne permet pas la chaise électrique. Seule ma mort et le jugement de Dieu me donneront ce que je mérite vraiment. »