Côte d'Azur: Après les inondations à Biot, vingt-deux maisons rachetées et des questions

INTEMPERIES Le débordement de la rivière de La Brague avait fait trois morts dans une maison de retraite de Biot en octobre 2015...

Mathilde Frénois
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Inondation le 5 octobre 2015 à Cannes
Inondation le 5 octobre 2015 à Cannes — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AFP

Michel Dotta habite dans un quartier « extraordinaire et fabuleux ». Mais ce natif de Biot veut en déménager. Et pour cause. Lors de l’inondation d’octobre 2015, l’eau est montée à plus de 3 m dans sa maison. Mobilisant le fonds Barnier, la possibilité de faire racheter sa maison par l’État, Michel Dotta a vu sa demande refusée. Comme une vingtaine d’autres propriétaires.

« Dans le secteur de la Brague [la rivière qui a débordé], on a enregistré 40 demandes. Parmi elles, 22 biens sont éligibles », compte Serge Castel, directeur départemental des territoires et de la mer.

« On est stressés »

Pour être couvert par le fonds Barnier, le bien doit être assuré, ne pas disposer d’activité commerciale ni de zone refuge, comme un étage. « L’objectif est de réduire la vulnérabilité des biens et de facilité la zone d’écoulement des eaux de pluie », précise Serge Castel.

Débouté car disposant d’un local commercial et d’un étage, Michel Dotta ne comprend pas la décision de la préfecture. « J’ai été sévèrement inondé à quatre reprises. Depuis on se méfie, dit celui qui dont le jardin dispose d’un accès à la rivière. Dès qu’il pleut ou qu’il y a une alerte, on est stressés. » Sa maison n’étant pas rachetée par l’Etat au prix du marché pour être détruite, impossible pour ce Biotois d’en partir : « Mon bien vaut la moitié du prix du marché, affirme-t-il. Qui voudrait habiter au bord de cette rivière ? »

Des aménagements « presque à l’infini »

Pour que les riverains continuent à vivre dans ce quartier, l’association pour la sauvegarde de l’environnement de Biot demande que des aménagements « presque à l’infini » soient effectués : « Il faut entretenir les vallons, créer des bassins de rétention, structurer les évacuations d’eau, désimperméabiliser les sols », énumère Francine Begou, membre de l’association.