Aide aux migrants: La mère du militant Cédric Herrou écrit une lettre au procureur de Nice

SOLIDARITE Elle explique les raisons de l'engagement de son fils... 

M.Fr.
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Cédric Herrou, mercredi au palais de justice de Nice
Cédric Herrou, mercredi au palais de justice de Nice — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« Je suis la mère de celui contre lequel vous vous acharnez. » La famille de Cédric Herrou apporte son engagement public pour ce militant accusé d’aide à l’entrée, au transport et à la circulation de migrants. Sa mère a écrit une lettre au procureur de la République de Nice, publiée également sur Facebook, dans laquelle elle revient sur les fondements du comportement et de l’engagement de son fils.

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« Pour que vous compreniez… nous avons été famille d’accueil pendant 25 ans. Cédric avait cinq ans, Morgan sept quand les premiers enfants sont arrivés, explique celle qui signe la missive "Mama Herrou". Ils ont partagé leurs jouets, leur table, leur maison, leurs parents avec 15 enfants délaissés, de toutes origines, certains battus, violés. »

« Peut-être a-t-elle croisé à ce moment-là les grands-mères de messieurs Ciotti et Estrosi ? »

Cédric Herrou a été interpellé et placé en garde à vue à trois reprises. A chaque fois, il était en compagnie de migrants qui tentent d’entrer en France via la vallée de la Roya.

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C’est justement par cette vallée que la famille du militant est entrée en France : « Ma grand-mère paternelle a elle aussi, en 1918, passé la frontière d’Italie à pied, par les montagnes, rappelle-t-elle. Elle a perdu le bébé qu’elle portait au cours de ce périple, (peut être a-t-elle croisé à ce moment-là les grands-mères de messieurs Ciotti et Estrosi, qui sait ?) »

« C’est têtu un Breton, ça n’a pas peur des tempêtes »

L’agriculteur de 37 ans est dans l’attente d’un délibéré qui sera rendu le 10 février. Lors du procès début janvier, le procureur de la République de Nice, auquel s’adresse Mama Herrou dans sa lettre, avait requis huit mois de prison avec sursis.

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« Ma mère quant à elle était allemande, ma sœur est née dans les geôles de la Gestapo, elles ont été toutes deux libérées par les Américains. C’est ce sang-là qui coule pour moitié dans les veines de mes deux fils que vous avez fait arrêter jeudi, l’autre moitié étant du pur-sang de Bretagne… c’est têtu un Breton, et ça n’a pas peur des tempêtes », prévient-elle.

Sa mère n’est pas la première à défendre le militant publiquement. Cédric Herrou avait déjà reçu le soutien de plusieurs centaines de manifestants lors de son procès, et de la députée écologiste Cécile Duflot.

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