Attentat de Nice: Les plaintes de victimes contre l'Etat et la mairie classées sans suite

JUSTICE Ces plaignants contestaient le dispositif de sécurité déployé lors des festivités du 14 juillet...

Fabien Binacchi

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Des hommages sont rendus aux victimes du terrible attentat qui a frappé Nice le 14 juillet 2016.
Des hommages sont rendus aux victimes du terrible attentat qui a frappé Nice le 14 juillet 2016. — AFP

Pour lui, il n’y a pas eu d'« infraction pénale » concernant le dispositif de sécurité qui encadrait les festivités du 14 juillet sur la promenade des Anglais. Le procureur de la République de Nice a annoncé ce jeudi le « classement sans suite » des vingt-trois plaintes déposées par des proches de victimes de l’attentat contre l’Etat et la mairie.

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L’enquête préliminaire pour mise en danger de la vie d’autrui n’a permis de retenir « aucun fait de nature à engager une quelconque responsabilité pénale à l’encontre de quiconque », a déclaré Jean-Michel Prêtre lors d’une conférence de presse.

Les investigations conduites entre septembre et décembre 2016 par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) et l’Inspection générale de la Police Judiciaire (IGPN) ont été « très approfondies et très méticuleuses ». « Et ce qui s’est passé le 14 juillet, c’est le fait du terroriste et de personne d’autre », a-t-il dit.

« Pas de trou » dans le dispositif de sécurité

Articles de loi à l’appui, le procureur a indiqué que « ni le préfet des Alpes-Maritimes, ni le maire de Nice n’ont commis soit une "violation délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement", soit une "faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d’une particulière gravité qu’ils ne pouvaient ignorer" ».

Selon le représentant du parquet, « tous les postes de sécurité étaient tenus selon ce qui avait été convenu à l’avance par le protocole liant la mairie et l’Etat ». « Il n’y a eu aucun trou » dans le dispositif de sécurité, a-t-il aussi indiqué, rappelant qu’un rapport de l’IGPN commandé par le ministère de l’Intérieur avait tiré les mêmes conclusions.

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Pendant l’été, la polémique avait enflé, la mairie de Nice et l’Etat se renvoyant la balle notamment sur le positionnement des agents de police, nationale et municipale, le long de la promenade des Anglais, où était tiré le traditionnel feu d’artifice du 14 juillet.

Ce soir-là, plus de 30.000 personnes étaient massées sur l’artère lorsque Mohamed Lahouaiej Bouhlel a foncé dans la foule au volant d’un camion de 19 t, faisant 86 morts.

La présence du camion n’a pas pu éveiller de soupçons

Parmi les plaintes adressées au procureur de Nice, l’avocat des parents d’un enfant qui figurait parmi les victimes, Me Yassine Bouzrou, visait en particulier « le défaut de mise en place de contrôles de la circulation des poids lourds ».

Comment le Tunisien de 31 ans a-t-il pu circuler librement en ville avec ce camion, quelques jours avant les faits, sans éveiller les soupçons, du service municipal de vidéosurveillance notamment ? « Car le fait qu’il y ait un camion qui roule dans la ville de Nice ne heurte pas la loi », a répondu le procureur.

« Il n’y a pas à Nice, comme dans n’importe quelle commune de France, de texte qui peut être pris par le maire et qui interdisse totalement, absolument et pour une période indéfinie la circulation d’un type de véhicule donnée », a-t-il aussi détaillé.

Après ce classement sans suite, les plaignants ont désormais d’autres recours. Ils peuvent notamment déposer plainte et se constituer partie civile devant un tribunal correctionnel.