Côte d'Azur: Où le préfet imagine-t-il les futures prisons des Alpes-Maritimes ?

JUSTICE Il a rendu sa copie dans le cadre du « plan prison » lancé par Manuel Valls, alors Premier ministre…

Fabien Binacchi

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La maison d'arrêt de Nice, à l'Est de la ville.
La maison d'arrêt de Nice, à l'Est de la ville. — ANP / 20 Minutes

Il vient de rendre sa copie au Garde des sceaux. Après « une concertation approfondie avec les élus potentiellement concernés, parlementaires et maires », Georges-François Leclerc, le préfet des Alpes-Maritimes a établi ses propositions pour la création de places pénitentiaires supplémentaires dans le département, concerné en « priorité » par le plan prison lancé par Manuel Valls, alors Premier ministre, en octobre dernier

Le préfet écarte notamment un projet sur un terrain de Saint-Laurent-du-Var, près de Nice, et axe ses préconisations sur trois différents sites pour pallier à la surpopulation des deux prisons existantes.

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Le préfet ne choisit pas le projet de Saint-Laurent, rejeté par les élus

Exit donc le site des Iscles, à Saint-Laurent-du-Var, sur lequel l’Agence publique pour l’immobilier de la justice (APIJ) avait lancé une « étude d’impact ».

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« Sur proposition des élus métropolitains et du conseil départemental [le maire LR de la commune Joseph Ségura comme Christian Estrosi, président de la métropole Nice Côte d’Azur, étaient notamment montés au créneau] et au regard des projets importants de développement économique sur ce secteur, le préfet propose d’abandonner » cette option, fait savoir la préfecture.

Deux nouvelles unités à Grasse et dans la plaine du Var

A la place, le représentant de l’état propose d’implanter une unité supplémentaire plus au Nord, toujours dans la plaine du Var, « en rive droite, à cheval sur deux communes, au nord du site des Iscles, en direction de La Baronne ». Il imagine aussi « la création d’une deuxième unité, contiguë à l’actuelle maison d’arrêt de Grasse pour environ 500 places ».

Enfin, pour le site déjà existant de la prison de Nice, où Christian Estrosi appelait de ses vœux un agrandissement, Georges-François Leclerc ne parle pas d’augmentation de capacité mais de « rénovation ». Un projet nécessaire « au regard de sa vétusté et compte tenu de la nécessité de maintenir un établissement pénitentiaire dans le centre urbain, près du TGI », indique-t-il.

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Des options qui « réjouissent » les élus

Le maire de Nice Philippe Pradal et Christian Estrosi se sont « réjouis », ce jeudi matin, de la position exprimée par le préfet qui « [leur] semble aller dans le sens de l’intérêt général ».

Le président LR du conseil départemental a également indiqué « soutenir le principe de ces propositions concrètes », tout en regrettant « le temps perdu ». « Par idéologie, François Hollande, Manuel Valls et Christiane Taubira ont scandaleusement renoncé en 2012 à appliquer l’important programme de construction de nouvelles prisons décidé par l’ancienne majorité en 2011 », s’est agacé l’élu dans un communiqué.