Nice: La crise des oranges au Brésil profite... aux producteurs des Alpes-Maritimes

ÉCONOMIE Ils ont déjà augmenté leurs prix de 10%... 

Mathilde Frénois

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Lavage et cirage des oranges à Rio Real, à 200 km au nord de Salvador de Bahia, au Brésil, le 18 février 2014
Lavage et cirage des oranges à Rio Real, à 200 km au nord de Salvador de Bahia, au Brésil, le 18 février 2014 — Yasuyoshi Chiba AFP

Et si la seule solution pour boire son jus d’orange le matin devenait la production locale ? Avec la crise des oranges au Brésil dont la production est au plus bas depuis 28 ans, la France risque de manquer de fruits. Le pays se tourne donc vers son marché local, essentiellement situé sous le soleil de la Côte d’Azur.

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Albert Luciano produit quatre tonnes d’agrumes par an sur ses terrains de Saint-Laurent-du-Var et de Villefranche-sur-Mer. Cette année, l’agriculteur vend ses oranges 3 euros le kilo en gros, et 4,50 euros au détail. « Les acheteurs qui ont l’habitude de se fournir à l’étranger vont se reporter sur nos produits, se réjouit-il. C’est une bonne nouvelle car, même si le porte-monnaie des clients n’est pas extensible, on va pouvoir vendre plus cher. »

« Les grossistes et confituriers raflent tout »

C’est le cas de Thierry Koehl, producteur d’agrumes installé en bas de Breil-sur-Roya. Il a déjà augmenté ses prix de 10 %. « Il y a une forte demande, reconnait-il. On a presque plus de stocks. Tout a été vendu aux grossistes et aux confituriers qui raflent tout. »

Pour Thierry Koehl, cet attrait soudain pour les agrumes azuréens a également une autre explication : « Depuis que l’appellation des citrons de Menton a été instaurée, on vend plus qu’avant », dit-il.

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Mais les cultivateurs ne misent pas sur la crise outre-Atlantique pour faire recette : « On n’attend pas cela pour vivre, explique Thierry Koehl. C’est déjà très compliqué et on est obligé d’avoir une seconde activité pour compléter nos salaires. » D’autant plus que le greening, la maladie qui cause la pénurie brésilienne associée à la sécheresse et à la réduction du nombre de pieds d’agrumes, pourrait débarquer sur la Côte et impacter les vergers azuréens à leur tour.