Attentat de Nice: Il n'y pas eu «d'abus d'autorité» sur la policière municipale Sandra Bertin, annonce le procureur

JUSTICE La policière municipale accuse des personnes envoyées par le ministère de l’Intérieur de lui avoir demandé de modifier son rapport sur le dispositif de sécurité…

Fabien Binacchi

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Sandra Bertin, la policière municipale pilotant la vidéosurveillance à Nice
Sandra Bertin, la policière municipale pilotant la vidéosurveillance à Nice — VALERY HACHE / AFP

« Il est démontré qu’il n’y avait aucune intention ni aucune raison de cacher quoi que ce soit. » Ce jeudi, le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre a annoncé le classement sans suite du signalement pour « délit d’abus d’autorité » de Sandra Bertin en « l’absence d’éléments constitutifs ».

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La cheffe du centre de vidéosurveillance de la ville de Nice, Sandra Bertin, accuse des personnes, envoyées selon elle par le ministère de l’Intérieur, de lui avoir demandé de rédiger un rapport « modifiable » sur l’attentat du 14 juillet 2016.

Ses déclarations, quelques jours après l’attaque qui avait fait 86 morts, avaient fait enfler la polémique sur le dispositif de sécurité mis en place ce soir-là sur la promenade des Anglais.

« Défaut de mobile » et « contexte tendu »

Saisi également par le maire de Nice Philippe Pradal et Christian Estrosi, président de la métropole niçoise, le représentant du parquet a indiqué avoir pris sa décision au terme d’une « enquête particulièrement méticuleuse » confiée à l’IGPN.

Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre
Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Jean-Michel Prêtre a motivé sa décision par « le défaut de mobile » et « le contexte tendu des heures qui ont suivi l’attentat de Nice ». « La police nationale n’avait pas besoin de la police municipale pour avoir accès aux images de vidéosurveillance, mais j’ai compris qu’elle a fait appel à un opérateur expérimenté [Sandra Bertin] pour aller vite », a-t-il argué.

« La conjonction de cette anxieuse urgence parisienne avec cette fatigue, à Nice, a fait que, quelques jours plus tard, en surinterprétant également la réquisition de la sous-direction antiterroriste de supprimer les images, systématique dans ce genre d’affaires », Sandra Bertin a déposé ce signalement, selon lui.

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Elle va saisir un « juge d’instruction impartial et indépendant »

La policière municipale, qui sera par ailleurs jugée en diffamation le 7 juin prochain, ne compte pourtant pas s’arrêter là. Elle va désormais déposer plainte et donc demander que cette affaire soit « confiée à un juge d’instruction impartial et indépendant », a immédiatement indiqué son avocat Me Adrien Verrier.

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La ville de Nice va également déposer une plainte « avec constitution de partie civile ». « Cette procédure nous permettra non seulement de démontrer qu’un haut fonctionnaire de la police nationale s’est bien présenté à Sandra Bertin sous une fausse qualité, mais que le rapport modifiable qui lui a été transmis à sa demande a été effectivement utilisé et modifié par la suite », indique la municipalité dans un communiqué.