Nice: Huit mois de prison avec sursis requis contre Cédric Herrou, l’agriculteur qui aidait les migrants

JUSTICE Cédric Herrou et les acteurs de l’aide aux migrants se sont servis de ce procès comme d’une « tribune » selon le procureur…

Fabien Binacchi

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L'agriculteur azuréen Cédric Herrou s'adressant à la presse devant le palais de justice de Nice, le 4 janvier 2017
L'agriculteur azuréen Cédric Herrou s'adressant à la presse devant le palais de justice de Nice, le 4 janvier 2017 — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Tous solidaires, tous dans la même direction. Venus témoigner à la barre ou juste marquer leur soutien devant le palais de justice de Nice (ils étaient près de 300), les acteurs de l’aide aux migrants dans le département ont plaidé la cause de Cédric Herrou, mercredi.

Jusqu'à 300 personnes se sont réunis devant le palais de justice de Nice dans l'après-midi du 4 janvier 2017 pour soutenir Cédric Herrou
Jusqu'à 300 personnes se sont réunis devant le palais de justice de Nice dans l'après-midi du 4 janvier 2017 pour soutenir Cédric Herrou - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

L’agriculteur, poursuivi pour avoir fait passer la frontière à près de 200 personnes en situation irrégulière sera fixé sur son sort le 10 février. Au terme d’une audience marquée par de nombreux témoignages de militants, le procureur de la République a requis huit mois de prison avec sursis à l’encontre du paysan, mais également pointé « un procès voulu ».

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Intention de communication

Cédric Herrou, le 4 janvier 2017 à Nice

« Cédric Herrou a clairement revendiqué son action et reconnu avoir violé la loi. Cette audience procède d’une intention générale de communication, a notamment déclaré Jean-Michel Prêtre. C’est une tribune politique. Mais ce n’est pas à la justice de donner une leçon de démocratie. On peut critiquer les lois, mais tant qu’elles ne sont pas modifiées, elles doivent être appliquées. »

« J’ai ramassé des gamines qui ont tenté douze fois de passer la frontière, il y a eu des morts sur l’autoroute… J’ai fait ce que j’ai fait parce qu’il fallait le faire. Mon inaction me rendrait complice d’un État qui met des frontières en place mais qui ne gère pas du tout leurs conséquences », s’est défendu Cédric Herrou, avant que des témoins de la défense se succèdent à la barre.

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Pour appuyer la thèse d’une « législation mal adaptée », Michel Masseglia, adjoint au maire de Breil-sur-Roya et militant a notamment expliqué que « ce n’était pas juste Cédric Herrou qu’on juge ici, mais toute une population qui est confrontée à l’afflux de migrants ». « Lorsque l’on voit quelqu’un en galère sur le bord de la route, on s’arrête, explique-t-il. On devrait être 50 sur le banc des prévenus ».