A Cannes, l'ancienne morgue est devenue un site artistique

CULTURE La toute première expo d'hiver y a été inaugurée ce week-end...

Fabien Binacchi

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Le graffeur Pleks participe à cette première exposition
Le graffeur Pleks participe à cette première exposition — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« Ramener l’art et finalement la vie dans un lieu qui servait à stocker des morts, c’est un joli pied de nez. » Dans les salles voûtées de l’ancienne morgue du Suquet, Boris Wilensky a fini d’accrocher ses clichés.

Le photographe parisien a inauguré ce week-end la toute première exposition d’hiver du nouveau lieu culturel cannois. L’endroit est forcément atypique. L’ambiance souvent étrange. Parfois mystique.

« Il y a un côté brut, industriel, même un peu oppressant dans certains couloirs étroits, qui sert finalement bien le propos de mon expo », explique l’artiste.

Un lieu déserté depuis 1955

Le photographe Boris Wilensky

Avec « Hurban vortex » (jusqu’au 9 mai 2017 avec le graffeur Pleks), plongée dans une Asie pré et post-Fukushima, il interroge sur les limites du « Progrès ». « J’ai voyagé six mois en Asie à la recherche des éléments symptomatiques du gigantisme urbain », indique Boris Wilensky.

Des vues, prises avant et après la catastrophe nucléaire, qu’il a composées avec des portraits. Les risques du nucléaire et celui de déshumaniser la société sont racontés, au présent et dans un futur imaginé. Dans un lieu chargé d’histoire(s).

Construit deux siècles avant la Révolution, l’ancien hôpital du Suquet avait définitivement été abandonné en 1955. L’école Montchevalier avait fini par s’installer dans les étages, en surface. Mais les 900 m2 de souterrain, jadis utilisés pour entreposer des corps, restaient vides… jusqu’en 2015.

Quatre artistes en résidence

Le maire (LR) David Lisnard souhaitait ici un lieu « de création et d’exposition ». Les expositions commencent donc. La création, elle, avait déjà été lancée depuis juillet 2015. Ce « Suquet des artistes » en accueille (des artistes) en « résidence », dans des ateliers dédiés.

Les travaux de l'artiste Olivia Paroldi dans les couloirs de l'ancienne morgue du Suquet
Les travaux de l'artiste Olivia Paroldi dans les couloirs de l'ancienne morgue du Suquet - F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Le plasticien Grégory Berben, le peintre Olll et le créateur Richard Ferri-Pisani sont là depuis l’origine. Olivia Paroldi, graveur et illustratrice, y a pris ses quartiers depuis septembre. Et tous sont là pour une durée indéterminée.

L’espace, réhabilité et transformé pour un peu plus d’1,4 million d’euros, s’inscrit dans un projet plus large de « transformation esthétique » du Suquet, le quartier historique de Cannes.

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