Deux Cannois fausses victimes des attentats de Paris condamnés à six et trois ans de prison ferme

JUSTICE Le couple avait réussi à obtenir 60 000 euros du fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme…

Fabien Binacchi

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Le procureur de la République de Grasse, Georges Gutierrez
Le procureur de la République de Grasse, Georges Gutierrez — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Elle avait déjà avoué en garde à vue. Lui a fini par reconnaître les faits, « ignobles » selon le procureur, devant le tribunal correctionnel de Grasse. Un couple de Cannois a été condamné jeudi pour avoir escroqué le fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme (FGTI). Ils avaient obtenu, chacun, 30 000 euros après avoir prétendu se trouver au stade de France le soir des attentats du 13 novembre 2015… alors qu’ils n’y étaient pas.

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« Ils sont des charognards de l’aide publique, des prédateurs qui profitent de la misère des autres », a déclaré le procureur de la République de Grasse. En état de récidive légale, Sasa Damjanovic, 36 ans, a écopé de 6 ans de prison ferme. Sa compagne, Vera Vasic, 29 ans, a de son côté été condamnée à 3 ans. En allant au-delà des réquisitions du parquet, qui avait réclamé 5 ans et 30 mois, le tribunal a voulu faire « une application particulièrement stricte de la loi » dans un souci « d’exemplarité pénale ».

Une autre demande pour le 14-Juillet

L’affaire pourrait ne pas s’arrêter là. La justice enquête aussi sur une demande d’indemnisation du couple reçue après l’attaque du 14-Juillet, sur la promenade des Anglais. C’est d’ailleurs cette seconde requête qui avait poussé le FTGI à alerter les services de police. Des analyses sur les téléphones du couple avaient fini par confirmer leur présence à Antibes le 13 novembre 2015.

Pourtant, devant les enquêteurs, ils n’avaient pas été avares en détails, parfois sordides, qui auraient pu permettre d’accréditer leur présence sur les lieux des attentats parisiens. « Vous [en s’adressant à Vera Vasic] avez notamment décrit comment vous avez vu "voler les corps" au moment des explosions », a rappelé le président du tribunal Alexandre Julien.

A la barre, ils ont expliqué avoir trouvé ce subterfuge pour rembourser des dettes, « après des menaces de mort » de leurs créanciers. Les 60.000 euros obtenus « ont également servi à faire plaisir à [leurs] deux enfants et à acheter des véhicules pour la société » de son conjoint, a détaillé la femme. Le couple a également été condamné à rembourser cette somme.

D’autres cas de tentatives d’escroquerie

Me Roland Rodriguez, l’avocat du FTGI, qui s’était porté partie civile dans cette affaire, a estimé que « ces peines exemplaires étaient de nature à dissuader » d’autres fausses victimes des attentats.

Le 21 novembre, le tribunal correctionnel de Versailles avait condamné à un an de prison ferme une jeune femme de 24 ans qui avait prétendu avoir été blessée par une explosion au Carillon le soir du 13-Novembre, alors que les terroristes n’avaient pas choisi ce mode d’agression dans ce lieu.

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Le 13 juillet 2016, une autre jeune femme de 31 ans avait été condamnée par le tribunal correctionnel de Bobigny à six mois d’emprisonnement avec sursis pour avoir prétendu, et réclamé comme réparation 10 000 euros au FGTI, avoir été présente au Bataclan le soir du 13-Novembre.