Nice: Le Negresco espère devenir une fondation d'utilité publique

HÔTELLERIE Le processus devrait durer entre un et trois ans…

M.F. avec AFP

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Le Negresco à Nice est l'un des derniers palaces familiaux 100% français
Le Negresco à Nice est l'un des derniers palaces familiaux 100% français — VALERY HACHE AFP

Il est l’hôtel le plus emblématique de la promenade des Anglais de Nice. Le Negresco a été autorisé à engager des démarches pour se transformer en fondation d’utilité publique et se préserver des convoitises, indique mercredi l’administratrice provisoire du fonds qui détient l’établissement.

« C’est un long processus qui peut prendre au minimum un an et au maximum trois ans », précise Me Béatrice Dunogué-Gaffié qui a obtenu une ordonnance favorable du tribunal de grande instance de Nice. Au final, confirmant une information de Nice-Matin, « ce sera la décision de l’Etat », seul habilité à vérifier et agréer le caractère d’utilité publique d’un bien. « L’idée, avec une fondation, est que le bien devienne inaliénable et protégé alors que dans un fonds de dotation c’est plus flou », dit-elle.

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De nombreuses convoitises

Le Negresco, un palace à capitaux 100 % français et familiaux, est l’objet de nombreuses convoitises comme de nombreux établissements de luxe de la Côte d’Azur, passés sous pavillon étranger ou tombés dans l’escarcelle de grands groupes hôteliers. Pour le préserver, Jeanne Augier, la propriétaire, aujourd’hui âgée de 93 ans, veuve et sans héritiers directs, avait transféré l’hôtel où elle continue d’habiter à un fonds de dotation.

Dans sa forme actuelle, rédigée par Mme Augier, le fonds de dotation propriétaire de l’hôtel a objet de « soulager la misère animale et humaine », en plus « de participer activement à la préservation culturelle en France, notamment en assurant la sauvegarde de l’hôtel Negresco et ses collections ».

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De nouveaux statuts

Pour la suite et la possible future fondation, Mme Dunogué-Gaffié va devoir préparer de nouveaux statuts. Personne, ni la préfecture, ni le parquet, ni même Pierre Couette, un spécialiste d’histoire de l’art soupçonné d’avoir fait signer à Mme Augier des contrats de travail très avantageux pour lui et mis en examen en mars, ne s’est opposé au projet.

« Ce n’est pas une nationalisation. Mais on va parfaire la volonté de sa propriétaire en transformant le fonds de dotation en fondation. Le Negresco contribue au rayonnement de la Côte d’Azur dont il est un symbole : c’est un peu la tour Eiffel de Nice », dit-elle.