Accusé par un ancien djiadiste d'avoir «laissé faire» à Nice, Christian Estrosi porte plainte

POLÉMIQUE Le livre du journaliste David Thomson relate le point de vue d’un djihadiste repenti qui estime que la maire de Nice «était au courant de tout ça»…

Fabien Binacchi

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Christian Estrosi lors d'un conseil municipal à Nice le 25 avril 2016.
Christian Estrosi lors d'un conseil municipal à Nice le 25 avril 2016. — BEBERT BRUNO/SIPA

« J’en veux au maire de Nice parce qu’il était au courant de tout ça, il a laissé faire. » Dans Les Revenants, le dernier livre de David Thomson paru le 1er décembre, un djihadiste repenti dénonce la « passivité » de Christian Estrosi, alors premier magistrat, face au Niçois Omar Omsen, le principal recruteur français.

L’ancien maire de Nice « conteste ces propos » et annonçait dès décembre à 20 Minutes qu'il porterait plainte pour diffamation « contre la personne qui est à leur origine ». Son avocat a confirmé le lancement d'une action ce mercredi.

Parmi ces témoignages de « Français partis rejoindre des groupes jihadistes en Syrie » et qui ont finalement « choisi de rentrer », le journaliste de RFI a notamment rencontré Quentin, à sa sortie de prison.

« Il a laissé faire »

Ce « minet niçois » de 18 ans éprouve un « vif ressentiment » à l’égard d’Omar Omsen, « qui l’a embobiné », mais « il en veut également beaucoup à l’ancien maire ».

« Omar [Omsen] était bien connu. Quand je suis parti, ça devait faire la sixième ou septième saison de ses vidéos de propagande […] Il savait très bien ce qu’il faisait au quartier Saint-Charles [dans l’Est de Nice, ndlr]. J’en veux au maire de Nice parce qu’il était au courant de tout ça, il a laissé faire », pointe Quentin, cité dans le livre.

« Tout au long du mandat [de Christian Estrosi], Omar Omsen a pu aisément infuser en profondeur, en toute impunité, et recruter à Nice, plus d’une centaine de jihadistes. Au point d’en faire aujourd’hui la ville la plus touchée en France par le phénomène », écrit également David Thomson.