Nice: Ils n’appelleront (finalement) pas leur enfant «Mohamed Merah»

POLÉMIQUE Les parents du nouveau-né y ont « renoncé », annonce le procureur de la République…

Fabien Binacchi

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Illustration d'une main de bébé
Illustration d'une main de bébé — SUPERSTOCK/SIPA

L’affaire avait fait grand bruit. Début novembre, la ville de Nice avait saisi le parquet après la déclaration, à son service d’état civil, d’un bébé nommé « Mohamed, Nizar Merah ». « Les parents m’ont fait savoir qu’ils allaient finalement renoncer à ce prénom », a indiqué ce jeudi à 20 Minutes, le procureur de la République de Nice, Jean-Michel Prêtre.

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L’enfant, né le 3 novembre, ne portera donc pas le même nom que le terroriste Mohamed Merah, qui avait abattu sept personnes en mars 2012 dans le sud-ouest de la France. Cette décision devrait être formalisée en milieu de semaine prochaine, à l’occasion de l’audience programmée dans le cadre de la procédure devant un juge aux affaires familiales.

Il ne devrait conserver que son deuxième prénom

Le nouveau-né pourrait simplement conserver son deuxième prénom « Nizar », « mais cela n’a pas encore été confirmé », a également précisé le procureur. Il y a quelques jours, Jean-Michel Prêtre avait estimé « que donner un prénom à un enfant qui a déjà le nom d’un terroriste est quelque chose qui peut porter préjudice à l’enfant ».

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« Alors que notre ville a été touchée de plein fouet par un attentat cet été, il est inadmissible de constater de tels agissements », avait réagi Christian Estrosi, premier adjoint (LR) au maire de Nice et président de la Métropole Nice Côte d’Azur.

« La ville et ses agents restent vigilants quant à tout comportement ou acte qui pourrait être assimilé à une apologie du terrorisme », avait-il ajouté. Les officiers d’état civil ne pouvant plus décider, depuis 1993, d’interdire un prénom, la municipalité avait saisi la justice pour demander une modification du prénom du bébé.