Pierre-Alain Mannoni
Pierre-Alain Mannoni — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

JUSTICE

Nice: Prison avec sursis requise contre l'enseignant qui a aidé des migrants

Pierre-Alain Mannoni, 45 ans, s’est défendu d’un « geste simplement humain »…

Un « sévère avertissement ». Mercredi, le procureur de la République de Nice a requis six mois de prison avec sursis contre Pierre-Alain Mennoni, poursuivi pour avoir transporté des migrants dans sa voiture. Cet enseignant-chercheur de l’université de la Côte d’Azur s’est, de son côté, défendu d’un « geste simplement humain ».

Le procès s’est tenu dans une salle d’audience pleine à craquer, en présence de nombreux militants et soutiens. Plus de 200 personnes s’étaient même réunies tout au long de la journée devant le palais de justice de Nice, pour dire « oui à la solidarité et à l’accueil des migrants et des réfugiés ».

Le jugement a été mis en délibéré et sera rendu le 6 janvier.

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« Elles étaient dans une situation éprouvante »

Le 18 octobre dernier, Pierre-Alain Mannoni avait été interpellé à la gare de péage de La Turbie, entre Nice et Monaco, en compagnie de trois migrantes érythréennes. Toutes prises en charge dans un bâtiment de la SNCF désaffecté et transformé par des militants en un camp de transit au moment des faits.

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« On m’a présenté ces jeunes femmes qui se trouvaient dans une situation éprouvante. Elles étaient effrayées, elles avaient froid et elles étaient blessées », a expliqué à la barre l’homme de 45 ans.

On peut agir, « mais dans les limites de la loi », dit le procureur

« On peut porter secours, c’est un devoir, mais pas aider au séjour et à la circulation » d’étrangers en situation irrégulière, a déclaré le procureur Jean-Michel Prêtre. « Ces actions ne s’inscrivent pas dans un secours. Elles consistent à nier qu’une frontière existe et qu’un pays puisse faire voter des lois. […] En France, on a le droit de penser ce qu’on veut et de traduire ces pensées en actions, mais dans les limites de la loi », a-t-il insisté.

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« Dans son esprit, Pierre-Alain Mannoni a porté secours. Ce geste humanitaire ne mérite aucune sanction. Ce serait disproportionné et pas nécessaire, a plaidé son avocate Me Maëva Binimelis. Aujourd’hui, on veut faire un exemple […] Je sollicite la relaxe pour donner une réponse à tous ces gens solidaires. » Réponse le 6 janvier.