Nice: Deux Azuréens jugés pour avoir aidé des migrants

JUSTICE Un agriculteur et un enseignant comparaissent devant le tribunal correctionnel ce mercredi…

Fabien Binacchi

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Des gens manifestent à Nice en soutien aux migrants dans le cadre d'une mobilisation européenne le 12 septembre 2015
Des gens manifestent à Nice en soutien aux migrants dans le cadre d'une mobilisation européenne le 12 septembre 2015 — Valery Hache AFP

Leurs soutiens ont prévu de faire le déplacement, en nombre, ce mercredi, au palais de justice de Nice. Cédric Herrou, un agriculteur de 37 ans, et Pierre-Alain Mannoni, enseignant-chercheur à l’université de la Côte d’Azur, doivent comparaître dans l’après-midi devant le tribunal correctionnel.

Ils sont poursuivis pour « aide à l’entrée, à la circulation et au séjour d’étrangers en situation irrégulière ». Un double procès à la « répercussion nationale », selon l’avocate du second, âgé de 45 ans. « Parce qu’aujourd’hui, les citoyens français ne savent plus s’ils ont le droit ou non d’accorder une aide humanitaire », avance Me Maeva Binimelis.

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« Dans un cadre humanitaire », plaide une avocate

Le 17 octobre, son client avait été interpellé au péage de La Turbie avec trois migrantes érythréennes, prises en charge depuis Breil-sur-Roya. Des faits répréhensibles, « sauf s’ils relèvent d’un cadre humanitaire comme le prévoit le Ceseda », le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, note l’avocate.

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« Son action a été menée sans contrepartie et parce que, comme il l’explique, "si dans un premier temps, on peut refuser de voir cette misère, on prend ensuite conscience du danger qui menace ces migrants" », note encore Me Maeva Binimelis, évoquant « ceux dont la vie a été emportée alors qu’ils marchaient sur l’autoroute ».

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Une pétition, lancée par la mère de Pierre-Alain Mannoni, avait déjà recueilli plus de 55.000 signatures ce mercredi matin. Il encourt jusqu’à cinq ans de prison et 30.000 euros d’amende.

Un report d’audience demandé pour Cédric Herrou

Cédric Herrou, également poursuivi pour « installation d’une habitation dans des locaux privés », risque davantage. Mi-octobre, face à l’afflux de migrants et pour dénoncer « l’inertie » des autorités, ce membre du collectif Roya Citoyenne avait transformé une colonie de vacances désaffectée de la SNCF à Saint-Dalmas-de-Tende en un « camp de transit ».

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Il s’exprimera à l’audience, mais ne devrait être jugé qu’en janvier. Ses avocats ont demandé un délai pour assurer sa défense