Enlèvement de Jacqueline Veyrac: La piste d'un ancien locataire confirmée par le procureur

JUSTICE Des mises en examen ont été requises pour sept personnes... 

Mathilde Frénois

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Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre
Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Il y a moins d’une semaine, Jacqueline Veyrac était enlevée dans le centre-ville de Nice. Quatre jours après que la femme d’affaires a été retrouvée, « les principaux acteurs, les décideurs et les exécutants, sont déférés devant la justice », a assuré le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre.

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Qu’advient-il des personnes gardées à vue ?

Les mises en examen de sept personnes ont été requises ce dimanche. Six d’entre elles ont été déférées devant la justice pour enlèvement, séquestration, vol et extorsion d’argent. « La circonstance aggravée de l’association de malfaiteurs en bande organisée est retenue », a précisé le procureur.

La dernière personne mise en examen est un détective qui aurait pu informer la police du rapt mais qui s’en est abstenu. « Le non-empêchement de crime peut être puni de cinq ans d’emprisonnement », rappelle Jean-Michel Prêtre.

Qui est le commanditaire présumé ?

Le commanditaire présumé a été déterminé par les enquêteurs comme étant Giuseppe S. Il aurait agi par vengeance. Entre 2007 et 2009, il avait pris en location-gérance le restaurant La Réserve à Nice, propriété de la famille Veyrac, mais la société avait été mise en liquidation.

« On a au moins une personne qui serait la motivation de tout cela, confirme Jean-Michel Prêtre. C’est un chef de cuisine qui, avant 2010, s’est retrouvé mis en cause dans la qualité et la gestion qu’il faisait de la Réserve. » Le restaurant une étoile a connu de très graves difficultés financières et le chef y avait investi toute son implication. « La famille Veyrac avait dû prendre la décision de mettre fin à la collaboration », poursuit-il. Une mise à l’écart qui a conduit le chef restaurateur à enlever puis séquestrer la propriétaire du restaurant pour lequel il travaillait.

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Quelles étaient les conditions de détention de Jacqueline Veyrac ?

Ses 48 heures de détention, Jacqueline Veyrac les a passés ses poignets et chevilles liés, ses yeux et sa bouche fermés par du ruban adhésif. « Elle a fait preuve de rétorsion, de menaces, de violence qui ont impliqué la pose de liens encore plus serrés, explique le procureur. Quand elle a été retrouvée, elle portait des blessures aux endroits où elle était attachée et qu’elle s’est faites elle-même en essayant de se libérer et en criant très fort. C’est un véritable calvaire que Mme Veyrac a subi. »

Pendant ces deux jours, Jacqueline Veyrac a pu boire, mais a refusé de manger. Il lui était interdit de quitter le véhicule.