Recel d’œuvres de Picasso : L’ancien électricien « veut laver son honneur » en appel

JUSTICE Condamnés à deux ans de prison avec sursis en 2015, Pierre Le Guennec et son épouse seront rejugés en appel à Aix-en-Provence ce lundi…

Fabien Binacchi

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Danielle et Pierre Le Guennec, en février 2015,  au palais de justice de Grasse
Danielle et Pierre Le Guennec, en février 2015, au palais de justice de Grasse — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« Désolé monsieur, on ne reçoit plus les journalistes », annonce gentiment Danielle, l’épouse de Pierre Le Guennec. A quelques heures de leur second procès, le couple de Mouans-Sartoux, près de Grasse (Alpes-Maritimes), aspire à un peu de tranquillité.

Pris dans une bourrasque médiatique depuis leur mise en examen en 2011, puis leur condamnation en 2015 à deux ans de prison avec sursis pour le recel de 271 œuvres de Picasso, les retraités seront jugés en appel lundi, à leur demande et à celle du parquet.

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« Que notre innocence soit claire et nette »

« J’espère qu’on reconnaîtra enfin notre innocence. Et qu’elle soit claire et nette », explique tout de même, par téléphone, Pierre Le Guennec à 20 Minutes.

L’an dernier, l’ancien électricien du maître espagnol et sa femme, qui avaient entreposé des œuvres non signées ni inventoriées durant 40 ans dans leur garage, avaient été reconnus coupables de « recel de biens provenant d’un vol ».

Le retraité compte sur ce nouveau procès « pour laver enfin son honneur ». Avec un allié d’envergure. Devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, le couple sera défendu par Me Dupond-Moretti, comme le révélait 20 ​Minutes au mois de juin.

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Une version contestée par plusieurs témoignages

« Serein et confiant » grâce à ce nouveau soutien, Pierre Le Guennec devrait à nouveau plaider sa version des faits. Ce serait Jacqueline Picasso, l’épouse de Pablo, qui aurait elle-même offert à l’ancien employé du peintre, dans sa villa de Mougins, près de Cannes, un carton rempli d’œuvres, dessins, croquis et autres esquisses.

Une théorie mise à mal devant le tribunal correctionnel de Grasse en première instance. Les témoins de la famille Picasso arguant notamment que le peintre n’aurait jamais offert une telle quantité d’œuvres, d’autant plus si ces dernières n’étaient pas signées.

« Les aspects les plus noirs du marché de l’art »

« C’est une formidable mystification qui a été mise à jour, et c’est un enjeu de vérité qu’elle soit confirmée à l’occasion de ce nouveau procès », déclare à 20 Minutes Me Jean-Jacques Neuer, l’avocat de la succession Picasso. Selon lui, « cette affaire relève des aspects les plus noirs du marché de l’art ».

Devant les juges grassois, le conseil de Claude Picasso, notamment, avait déjà évoqué la piste « d’un blanchiment international d’œuvres d’art ». « C’est à Pierre Le Guennec qu’on a confié ces pièces volées parce qu’il avait eu des relations avec Picasso », avait-il lâché.

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« Nous avons affaire à un délit particulier, au préjudice de l’Humanité », avait déclaré le procureur qui avait requis cinq ans de prison avec sursis à l’encontre des Le Guennec. Il avait également estimé que les deux retraités avaient porté « préjudice à la confiance et à la mémoire » de Pablo Picasso.