Côte d'Azur: Pourquoi autant de loups sont-ils tués dans les Alpes-Maritimes ?

ENVIRONNEMENT Sur les 21 loups abattus en France depuis juillet, huit l’ont été sur le département…

Mathilde Frénois

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Illustration d'un loup européen.
Illustration d'un loup européen. — Superstock/SIPA

Dans les Alpes-Maritimes, les tirs de prélèvements ne faiblissent pas. En moins d’une semaine, entre les 17 et 23 octobre, trois loups ont été tués à Andon et Saint-Etienne de Tinée.

Ces chiffres récents n’ont rien d’étonnant. Sur les 21 loups tués en France depuis juillet, huit l’ont été sur le département. « On constate une particularité aux Alpes-Maritimes : les animaux d’élevage restent à l’extérieur toute l’année, indique la sous-préfète montagne Véronique Laurent-Albesa. C’est une spécificité alors forcément, l’hiver, quand les animaux sauvages se font rares, les loups se tournent vers les troupeaux. »

« Chasse aux loups »

Pour que pastoralisme et loup puissent cohabiter, l’Etat a fait le choix d’instaurer un quota de 36 loups qu’il est possible d’abattre sur une année. « Cela m’inquiète car j’ai l’impression que ce quota prend la forme d’une chasse au loup, estime Sébastien Valembois de l’association Green. En tuant ces loups, on s’attaque à une espèce protégée qui n’est pas en expansion. »

Pour protester contre l’abattage, l’association de défense des animaux a tenté de saboter une opération de tirs de prélèvement la semaine dernière. « On a retrouvé la brigade qui est censée tuer les loups et on a un fait un bruit d’enfer », dit le responsable. A coups de klaxon, cors, trompette et sifflets, cinq militants sont arrivés à faire fuir les loups pour qu’ils échappent aux tirs.

18 % de victimes en moins

« C’est un équilibre à trouver entre la préservation du loup et la possibilité de faire du pastoralisme », répond la sous-préfète montagne. En 2016, par rapport à 2015, les troupeaux azuréens ont connu 7 % de moins d’attaques de loups. « Et le nombre de victimes a chuté de 18 % », insiste Véronique Laurent-Albesa, estimant que ces chiffres sont liés aux prélèvements effectués l’année passée et à la maîtrise de la population loup.

Pour améliorer la cohabitation entre troupeaux et loups au sein de son territoire et éviter les attaques, le parc du Mercantour passe par une méthode plus douce. Un projet de restauration de cabanes de bergers bénéficie d’un budget de 50.000 euros. Objectif : une présence humaine plus importante auprès des animaux d’élevage. Sébastien Valembois aussi croit en ces méthodes plus pacifiques : « La solution, c’est que l’Etat, plutôt que de financer la chasse aux loups, donne plus de moyens pour la protection des troupeaux. » Selon lui, chiens, clôtures, détecteurs et lumières ont déjà fait leurs preuves.