Tremblement de terre en Italie: «On ne peut pas vraiment prédire la suite des événements»

SÉISME Le centre du pays est concerné par «une séquence où les séismes se déclenchent très probablement les uns les autres»...

Fabien Binacchi

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Un technicien montre la courbe d'un sismographe
Un technicien montre la courbe d'un sismographe — Frederick Florin AFP

C’est le troisième en moins d’une semaine. Ce dimanche matin, un puissant séisme de magnitude 6,5 a frappé le centre de l’Italie. Le tremblement de terre, qui a provoqué de nouvelles destructions mais pas de morts, selon la protection civile, a été analysé par des scientifiques de l’Université de Nice - Sophia-Antipolis. 20 Minutes fait le point sur la situation avec Bertrand Delouis, chercheur au laboratoire Géoazur.

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Que s’est-il passé ce dimanche ?

Un nouveau séisme a frappé quatre après deux premières secousses, de magnitude 5,5 et 6,1, dans le centre de l’Italie. L’épicentre est situé dans le centre de l’Italie, à six km au nord dela petite ville de Norcia. Le 24 août, un premier séisme dans cette région avait été particulièrement meurtrier, avec près de 300 morts. « Nous sommes dans une séquence où les séismes se déclenchent très probablement les uns les autres », explique Bertand Delouis.

« Le centre de l’Italie, touché actuellement par ce mouvement tectonique, est traversé par un système interconnecté de failles le long des Apennins [une chaîne de montagnes]. Elles emmagasinent de l’énergie progressivement au fil du temps, dit-il. Un certain nombre de ces failles sont proches de la rupture. Elles cèdent les unes après les autres. »

Des répliques peuvent-elles survenir ?

C’est ce que craignent les Italiens déjà secoués à trois reprises ces derniers jours. Mais rien ne peut être certain, selon le chercheur azuréen. « Les failles de ce secteur n’avaient pas rompu depuis longtemps. Et nous sommes en train d’observer que le système rompt désormais sur sa totalité, sur sa continuité. Mais on ne peut pas vraiment prédire la suite des événements », selon lui.

« Il existe encore d’autres segments de failles, précise-t-il aussi. Il peut donc y avoir de nouveaux déclenchements comme rien du tout, pendant des années. » Cette région d’Italie avait déjà enregistré, au fil des derniers siècles, des tremblements de terre de magnitudes « bien plus fortes », précise Bertrand Delouis : « de 6.8 et même au-delà ».

Existe-t-il des interconnexions avec d’autres systèmes de failles ?

« Celui qui est concerné aujourd’hui en Italie est distinct de nos systèmes français, répond le scientifique. Nous sommes sur des distances suffisamment grandes. Mais, rien ne dit n’ont plus que ce système italien ne pourrait pas un jour provoquer le déclenchement d’un tremblement de terre plus proche de nous. En tout cas, sur la Côte d’Azur, nous affichons uns sismicité normale depuis le tremblement de terre de Saorge [près de Menton]. »

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Début septembre, le département des Alpes-Maritimes, déjà concerné par de très fortes secousses dans son histoire, avait été secoué par un séisme de magnitude 3,7 à 3,9.