Nice: Un militant du camp de migrants poursuivi pour «aide au séjour»

MIGRANTS Le tribunal de Nice jugera le 23 novembre un militant de l’association Roya Citoyenne, qui avait ouvert un camp de transit pour migrants dans l’arrière-pays niçois…

Olivier Aballain

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Le tribunal de grande instance de Nice.
Le tribunal de grande instance de Nice. — Archives ANP / 20 Minutes

Après avoir démantelé, jeudi, le camp de transit pour migrants tout juste ouvert dans l’arrière-pays niçois, les autorités passent à la phase judiciaire.

Un membre de l’association Roya Citoyenne, qui avait ouvert le camp sans autorisation, lundi, à Saint-Dalmas-de-Tende (Alpes-Maritimes), est poursuivi pour « aide à l’entrée, à la circulation et au séjour d’étrangers en situation irrégulière » et pour « installation d’une habitation dans des locaux privés », a appris l’AFP auprès de son avocat, Me Zia Oloumi.

Déjà interpellé en août

Cédric Herrou, 37 ans, agriculteur à Breil-sur-Roya, avait été arrêté jeudi matin avec trois autres militants, lors de l’opération d’évacuation du camp menée par les forces de l’ordre.

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Le bâtiment, une colonie de vacances désaffectée de la SNCF, devait servir, pour Roya Citoyenne, de camp de transit pour les migrants passés en France en provenance de Vintimille, ville-frontière italienne.

Les trois autres militants arrêtés ont été relâchés le soir même, tandis que Cédric Herrou a passé 48h en garde à vue. L’agriculteur avait été déjà interpellé en août avec huit Erythréens à bord de son véhicule. Les services du procureur de Nice avaient alors classé l’affaire sans suite, en s’appuyant sur l’article L622-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers (Ceseda,) qui prévoit l’abandon des poursuites pour toute aide « non rétribuée » au séjour d’un étranger, « visant à préserver sa dignité ou son intégrité physique ».

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Cette fois, Cédric Herrou encourt jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende. Il devrait être remis en liberté sous contrôle judiciaire ce samedi après-midi, selon son avocat Me Oloumi, en attendant son procès fixé au 23 novembre.Une cinquantaine de militants associatifs s’étaient rassemblés vendredi en début d’après-midi devant le tribunal de Nice en signe de soutien à Cédric Herrou. Ils avaient notamment accroché une banderole « Solidarité réfugiés - Libérez Cédric » sur les grilles du palais de justice.