Stade de Nice: La ville se défend avant la diffusion d'un numéro de «Cash investigation»

TÉLÉVISION L’enquête de l’émission d’investigation met en cause le modèle de construction de cet équipement…

Fabien Binacchi

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Le stade offre jusqu'à 45 000 places.
Le stade offre jusqu'à 45 000 places. — Archives F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Dans son prochain numéro, Cash investigation s’intéressera à l’Allianz Riviera et à son Partenariat public privé (PPP)… et ça ne plaît pas forcément à la mairie de Nice. Avant la diffusion de l’émission, programmée ce mardi soir, la municipalité (LR) se défend. Elle publie sur son site Internet une page qui promet « Toute la vérité sur le Stade de Nice ».

Le reportage de France 2 a été « réalisé avec des méthodes controversées et mensongères », affirme la ville. Dans son argumentaire rendu public ce mardi, elle réplique à sept affirmations qui seraient défendues dans le documentaire. Tout est « faux », dit-elle.

« Un budget énorme pour un équipement sportif surdimensionné »

L’émission d’enquête d’Elise Lucet, intitulée Marchés publics : le grand dérapage, planche notamment « sur le grand stade de la ville, construit par le géant Vinci et voulu par le maire de l’époque, Christian Estrosi : un budget énorme pour un équipement sportif surdimensionné… », annonce la production sur son site Internet.

Elle affirmerait notamment, selon la mairie, que « le choix du PPP serait celui de Christian Estrosi en dehors de toute procédure réglementaire » et que « son coût est plus cher que le coût en maîtrise d’ouvrage publique ». « Le recours au PPP a été validé par les services de l’Etat », répond la municipalité. Elle publie aussi « un audit indépendant » du cabinet Ernst & Young selon lequel « le contrat de partenariat se révèle être moins cher de 8,7 % ».

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« L’enquête n’a mis en cause ni la nille de Nice, ni ses élus »

La ville se défend également d’être visée par la justice dans le cadre de ce PPP conclu avec le groupe Vinci. Le rapport de la Chambre Régional des Comptes (CRC) indique bien que « l’attribution du contrat Eco Stadium soulève des interrogations », reconnaît la mairie, mais « l’enquête [lancée à l’automne 2014 par le parquet de Nice] n’a mis en cause ni la ville de Nice, ni ses élus », indique-t-elle.

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« Quel est donc l’objet de cette enquête ? Des soupçons d’entente illicite entre des entreprises ? Cela ne concerne en aucune façon la ville de Nice », assure-t-elle également, annonçant que « si une infraction était relevée », elle se constituera partie civile.

Echange « virulent » entre Elise Lucet et Christian Estrosi

L’ancien maire de Nice, Christian Estrosi, président de la métropole Nice Côte d’Azur et de la région PACA sera aux côtés d’Elise Lucet pendant l’émission. « Après onze mois de refus, il a finalement accepté de répondre à nos questions. Il est en plateau et l’échange est assez virulent », annonce la journaliste dans une interview à Nice-Matin.

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Construit dans la plaine du Var par Vinci et des entreprises locales, le stade de Nice a coûté 243 millions d’euros, dont 69 millions de subventions publiques. Le mode de financement public-privé engage la ville à verser pendant une période de 27 ans une redevance de 8 millions d’euros. Le concessionnaire assure l’entretien et la maintenance du stade.