Attentat à Nice: Sur la sécurité, le procureur sait ses «réponses attendues»

JUSTICE La question sécuritaire taraude toujours les Niçois…

M.F. avec AFP

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Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre
Le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Le dispositif de sécurité déployé le 14 juillet avant l’attentat commis sur la promenade des Anglais est au cœur de la problématique. Et le procureur de la République de Nice le sait. Jean-Michel Prêtre a même déclaré avoir conscience que les réponses de l’enquête étaient « attendues (…) dans un contexte de très important risque d’attentat terroriste ».

« L’enquête que j’ai initiée porte sur des questions importantes dont les réponses sont attendues car elles touchent à des questions relatives à la sécurité de nos concitoyens dans un contexte de très important risque d’attentat terroriste », déclare-t-il.

Une enquête ouverte en septembre

Jean-Michel Prêtre explique que ses investigations ont « pour but de rechercher s’il a pu ou non être commis dans la conception ou dans la mise en œuvre du dispositif de sécurité, des erreurs qui seraient d’une gravité telle qu’elles seraient de nature à engager des responsabilités pénales ».

Il précise également que cette enquête, ouverte en septembre à la suite de plaintes de proches de victimes, porte « sur l’appréciation lourdement erronée ou non de la nature du risque, sur les préconisations de sécurité qui devraient en résulter, ainsi que sur l’effectivité de l’application de ces préconisations sur le terrain ». Une vive polémique avait opposé après l’attentat qui a fait 86 morts les autorités locales et le gouvernement autour du dispositif de sécurité déployé le 14 juillet.

Des documents déjà saisis

Dans sa lettre ouverte, le Club de la presse local mettait notamment en avant que « trois mois après, une question clef [resurgissait] avec force », et « taraud[ait] désormais de très nombreux Niçois, proches des victimes, des rescapés, des personnalités politiques de tous bords qui l’évoquent en privé. Les autorités de l’Etat et la municipalité ne peuvent se dérober. Pourquoi n’ont-elles pas pris en compte l’hypothèse d’un attentat avec un véhicule fou ? » Le procureur, au cours d’un précédent point presse tenu le 10 octobre, avait par ailleurs précisé que des documents avaient déjà été saisis dans le cadre de cette enquête, notamment dans les locaux de la mairie, de la préfecture et des organisateurs de la Prom' Party.

« Des auditions des responsables et des participants aux quatre réunions de sécurité » qui s’étaient tenues ont également été menées, avait aussi précisé le procureur. Il avait également indiqué qu’il prendrait la décision de saisir ou non un juge d’instruction d’ici à « quelques semaines », insistant notamment sur l’obligation de « trouver des preuves » avant de trancher.