VIDEO. Hommage national aux victimes du 14 juillet: «Tout Nice en a besoin»

COMMÉMORATION L’hommage national aux victimes du 14 juillet réunira 200 proches de disparus, samedi...

Fabien Binacchi

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Le mémorial de l’attentat, au kiosque à musique du jardin Albert-1er
Le mémorial de l’attentat, au kiosque à musique du jardin Albert-1er — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« Maintenant, c’est devenu presque automatique. Dès que je suis seul à la maison, je me mets à pleurer. » Trois mois après la disparition à l’âge de 58 ans de sa femme Fatima, première personne à avoir été tuée dans l’attentat du 14 juillet, Ahmed Charrihi se sent toujours « perdu ».

Samedi matin, comme d’autres dizaines de proches des 86 victimes de Mohamed Lahouaiej Bouhlel, il se rendra à l’hommage national organisé sur la colline du Château. Pour être « entouré, supporté ».

La cérémonie doit rassembler plus de 2.000 personnes, dont 200 proches de victimes décédées et plus de 1.000 autres blessés et personnes « impliquées », parmi les secours notamment.

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« Un moment qui fait partie du travail de deuil »

« Tout le monde sera là. Mes filles viendront de Saint-Etienne. Latifa [l’une d’entre elles] devrait même faire un discours », indique encore Ahmed Charrihi à 20 Minutes.

Depuis ce site qui surplombe la promenade des Anglais, en compagnie notamment de François Hollande, « les proches des victimes viendront participer à un moment qui fait partie de leur travail de deuil. C’est un passage important », explique Vincent Delhomel-Desmarests, le secrétaire général de l’association de victimes Promenade des Anges.

« Il y a des hauts, parfois, mais surtout des bas »

« Ce ne me ramènera pas ma femme, mais c’est toujours ça », confie de son côté Bruno Razzafitrino. Le soir de la fête nationale, son épouse de 31 ans, Mino, était elle aussi arrachée à la vie : « Trois moi après, il y a des hauts, parfois, mais surtout des bas. De voir les autres familles me fera peut-être du bien ».

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« Cet hommage, je crois que tout Nice en a besoin », avance Hélène, une retraitée niçoise de 63 ans rencontrée sur la promenade des Anglais. « Ce soir-là, je n’y étais pas. Mais, toute la ville a été meurtrie. Cette cérémonie ne nous fera pas tourner la page. Elle nous unira contre la haine ».

Samedi matin sur la colline du Château, des lycéens viendront déposer une rose blanche pour chacune des 86 victimes emportées ce 14 juillet.