Nice: Le rappeur Infinit' relaxé après son morceau au vitriol contre Estrosi

JUSTICE Les paroles de la chanson « Christian E. » avait indigné le maire de Nice en 2014…

M.F. avec AFP

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Christian Estrosi lors d'un conseil municipal à Nice le 25 avril 2016.
Christian Estrosi lors d'un conseil municipal à Nice le 25 avril 2016. — BEBERT BRUNO/SIPA

« J’ai aucun diplôme comme Christian Estrosi. Christian Estrosi, Chri-Chri-Christian Estrosi. Mais j’vais devenir maire comme Christian Estrosi. » Pour ces paroles et d’autres où il parle également de « Rolex », de « mafia », de « raciste », le rappeur Infinit' était poursuivi en diffamation.

Dans son procès l’opposant à Christian Estrosi (LR), président de la métropole Nice Côte d’Azur et de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, il a été relaxé jeudi.

Le parquet avait requis une amende de 1.500 euros à l’encontre de Karim Braham, Antibois de 28 ans, Infinit' de son nom de scène, et dont les paroles de la chanson « Christian E. » avait indigné le maire de Nice en 2014.

« La primauté à la liberté d’expression »

« C’est la relaxe », se félicite son avocate Me Sarah Pariente, à l’annonce du délibéré. « Vu la jurisprudence c’est assez logique. Je pense qu’ils n’ont pas dû trouver les paroles diffamatoires et qu’ils ont donné la primauté à la liberté d’expression. On est assez content et on va attendre l’expiration du délai d’appel », ajoute-t-elle.

Me Éric Borghini, le conseil de Christian Estrosi, dénonçait quant à lui « une diffamation insidieuse ». « Il n’a jamais dit "Estrosi est un mafieux ou un escroc", mais sa chanson revenait à ça et quand il dit qu’il faut le prendre au second degré, les gens ne le comprennent pas comme ça. On ne peut pas piétiner les gens sous prétexte de liberté artistique, ou sous prétexte qu’il s’agit d’une personne publique comme un élu. Surtout qu’il n’est pas un humoriste », expose-t-il. « Il est trop tôt pour dire » si Christian Estrosi fera appel, précise-t-il.

Dans sa chanson, Infinit' relève le profil autodidacte de Christian Estrosi et, reprenant des codes classiques du rap glorifiant l’argent facile, le luxe, la violence et les gangsters, en dresse en creux un portrait satirique à charge, insinuant aussi qu’il serait raciste.

« Je ne vois pas ce qu’il y a de méchant, à aucun moment il n’y a d’injure. C’est un "egotrip" : je parle de moi, c’est du second degré comme Les Guignols de l’info, comme Charlie », s’était défendu le rappeur dans Nice-Matin.