Cérémonie d'hommage national: «C'est important, pour nous victimes, de pouvoir nous exprimer»

CEREMONIE Entre discours émouvants et absence de certains proches... 

Mathilde Frénois

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Des témoins assistent à l'hommage aux invalides aux victimes du terrorisme, lundi 19 septembre 2016.
Des témoins assistent à l'hommage aux invalides aux victimes du terrorisme, lundi 19 septembre 2016. — AFP

Dans la cour des Invalides ce lundi matin, 229 noms ont résonné. Ceux des victimes d’actes de terrorisme. Parmi elles, trois membres de la famille de Yasmine Bouzergan-Marzouk, tués lors de l'attentat de Nice le 14 juillet.

La Niçoise s’est exprimée lors de l’hommage avec un discours poignant : « Nous sommes une famille de confession musulmane. Il ne faut surtout pas faire d’amalgame car ces barbares n’ont ni loi, ni foi, ni religion, déclare-t-elle avant de poursuivre. Ces criminels se sont attaqués ce soir-là à un symbole républicain mais plus particulièrement à des enfants qui représentent l’avenir de la France. Mais aussi à des familles symbole de tolérance, de cohésion et d’amour. »

« Un élément de réponse, un élément de souvenir »

Des mots remplis de sens. « C’était très émouvant surtout quand Yasmine a parlé. Ça a retenti dans nos têtes et dans nos esprits, se souvient Jérémy Crunchant, de la protection civile des Alpes-Maritimes, présent aux Invalides ce lundi. Cette cérémonie aide vraiment les victimes et les familles de victimes. Psychiquement, c’est très important car ça apporte un élément de réponse, un élément de souvenir et le message qu'"on ne les oublie pas". »

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En face de Yasmine Bouzergan-Marzouk, des victimes, des familles de victimes, des secours donc. Mais aussi la classe politique française. « C’est important, pour nous victimes, de pouvoir nous exprimer, de pouvoir interpeller et de donner la réponse au politique », analyse Guillaume Denoix de Saint-Marc, secrétaire général de l’association de victimes des attentats qui a également prononcé un discours lors de l’hommage.

« C’est un choix personnel »

Ce format de cérémonie entre associations et Etat s’impose depuis 17 ans. Cette édition trouve une importance particulière au regard de l’actualité de ces derniers mois. Pourtant, certaines familles n’ont pas souhaité assister à la cérémonie, ni même que le nom de leur proche soit prononcé. « C’est un choix personnel. Leur crainte, qui est légitime, est que ce soit une cérémonie qui soit récupérée par le politique », analyse Guillaume de Noix de Saint-Marc.

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Un autre hommage national pourrait être organisé dans les prochaines semaines, cette fois-ci dans la capitale azuréenne. « Chacun a un rapport à la cérémonie différent mais c’est important que, dans la ville de Nice, il y ait le même hommage que celui de Paris après le 13 novembre, estime le secrétaire général de l’association de victimes des attentats. Cette cérémonie doit avoir lieu. Il faut qu’elle soit conduite par l’Etat en relation avec les associations pour qu’elle ait du sens et qu’elle convienne aux victimes. »

Pour le moment, la date du 14 octobre a été évoquée, sans confirmation officielle.

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