Loi Travail: A Nice, 400 personnes se mobilisent car «tout n'est pas encore joué»

SOCIAL C’est la treizième fois que les manifestants réclament l’abrogation de la loi El Khomri dans la capitale azuréenne…

Mathilde Frénois

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Près de 400 personnes se sont mobilisées à Nice contre la loi travail.
Près de 400 personnes se sont mobilisées à Nice contre la loi travail. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Jean-Louis est un fidèle. Ce jeudi, c’est la treizième fois qu’il bat le pavé pour s’opposer à la loi Travail. « J’ai fait toutes les manifs de Nice », affirme-t-il. Comme Jean-Louis, près de 400 personnes se sont réunies sur la place Masséna ce jeudi à 10 h. Le (petit) cortège anti-loi El Khomri a ensuite rejoint la place Garibaldi.

A chaque rassemblement, Jean-Louis apporte une pancarte tout droit sortie de son imagination. « Je fais toujours un panneau différent. Cette fois-ci, c’est El Khomri qui est dessinée parce qu’elle est en train de faire du Erdogan avec un gouvernement de gauche », ose le Niçois. Pour lui, tout est lié. « Il faut revoir le Code du travail afin d’améliorer la qualité de vie des citoyens. On est dans le pays des Droits de l’Homme quand même ! Mais où va-t-on ? »

Jean-Louis a participé à toutes les manifestations, chaque fois avec une pancarte différente.
Jean-Louis a participé à toutes les manifestations, chaque fois avec une pancarte différente. - M. Frénois / ANP / 20 Minutes

« Lutter contre cette régression sociale »

Derrière la motivation de Jean-Louis, les rangs sont clairsemés. Gérard Ré, secrétaire général CGT dans les Alpes-Maritimes essaie de trouver des justifications : « C’est la rentrée, dit-il. Et puis la loi a été abrogée alors beaucoup de militants pensent qu’il n’y a plus rien à faire. Pourtant il reste 163 décrets à faire passer, les choses peuvent encore changer ! »

Le secrétaire départemental de Solidaire Franck Gaye croit, lui aussi, encore et toujours au poids des manifestants face au gouvernement. « Même si on est peu nombreux, environ 400 personnes aujourd’hui, on sert de porte-voix pour lutter contre cette régression sociale. » Au lieu d’avancer avec le cortège, Franck Gaye restera sur la place Masséna. Il y tient un stand d’information. « C’est très important de communiquer et d’expliquer que tout n’est pas encore joué. »

« Pour notre futur »

En tête de cortège, derrière la banderole des « Jeunes contre la loi Travail », Théa est moins optimiste. « C’est le combat final. On a fait les manifs, les blocus dans les lycées, les appels à la mobilisation… Aujourd’hui, je n’ai plus d’espoir », explique-t-elle.

Qu’importe, l’objectif est d’être présent « pour notre futur, pour nos enfants et pour les autres citoyens », se rassure Dany, un drapeau à la main. « J’ai peur que le statut des fonctionnaires change, que le temps de travail soit allongé, dit-elle. Je suis là pour plus tard. Comme nos parents l’ont fait pour nous. »