Côte d'Azur: La justice laisse le «burkini» interdit à Vallauris et Cagnes-sur-Mer

JUSTICE Le tribunal administratif de Nice a estimé que le risque de troubles à l’ordre public y était avéré…

F.Bi. avec AFP

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Une femme en burkini, à Marseille, août 2016.
Une femme en burkini, à Marseille, août 2016. — AP/SIPA

Finalement autorisé à Nice, Cannes ou encore Menton, le port du « burkini » reste en revanche prohibé sur les plages de Vallauris et Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes). Ce lundi, les arrêtés interdisant le maillot de bain intégral dans ces deux communes ont été validés par le tribunal administratif de Nice.

La juridiction estimant que les remarques d’estivants outrés de la présence de femmes voilées à la plage créaient un risque de troubles l’ordre public.

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Le tribunal a en revanche suspendu l’arrêté municipal de Saint-Laurent-du Var, commune limitrophe de Nice, rappelant qu’un maire ne peut restreindre les libertés qu’en cas de risques avérés d’atteinte à l’ordre public.

Des usagers de la plage « criaient à la provocation »

Pour la ville de Vallauris, le tribunal administratif s’est basé sur une main courante de la police municipale et un rapport de CRS pour donner raison au maire, malgré l’avis du Conseil d’Etat sur le respect des libertés fondamentales.

Le 12 août, la police municipale « a été interpellée par des usagers de la plage du Midi qui se disaient "outrés, criant à la provocation" du fait de la présence sur cette plage de deux femmes en "djellaba et voilées, laissant voir uniquement leur visage, dont une s’adonnant à la baignade" », relève l’ordonnance.

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Un brigadier-chef des CRS a relevé des « faits similaires intervenus à plusieurs reprises sur la plage du Soleil » le 15 août, selon l’ordonnance. Ce dernier s’est aussi inquiété, selon les juges, des moyens de porter secours à des baigneuses en burkini et « auxquels pourraient faire obstacle leurs maris pour des raisons religieuses ».

A Cagnes-sur-Mer, c’est une « importante altercation », survenue le 23 août entre une famille « dont deux des membres étaient porteuses de costumes de bain communément dénommés "burkinis" » et d’autres usagers, et consignée dans un rapport de police municipale, qui a fondé le jugement du tribunal.

« Interdire les minijupes car ça provoquerait les violeurs »

« Avec ce type de raisonnement, on interdirait les gays dans les quartiers homophobes pour préserver l’ordre, a réagi sur Twitter Me Sefen Guez Guez, l’avocat du Comité national contre l’islamophobie en France (CCIF). On interdirait aussi les minijupes car paraît-il ça provoque les violeurs. » L’avocat a également annoncé un recours devant le Conseil d’État.

L’arrêté de Vallauris est en vigueur jusqu’au 19 septembre et celui de Cagnes-sur-Mer jusqu’au 15 octobre.