Attentat à Nice: Qu'attendent les proches de victime de l'hommage national?

ATTENTAT La journée de recueillement pourrait être fixée au 14 octobre, deux mois après l’attaque terroriste perpétrée sur la promenade des Anglais…

Mathilde Frénois

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Des hommages sont rendus aux victimes du terrible attentat qui a frappé Nice le 14 juillet 2016.
Des hommages sont rendus aux victimes du terrible attentat qui a frappé Nice le 14 juillet 2016. — AFP

Depuis le 14 juillet dernier, Ahmed Charrihi se sent seul dans son appartement du quartier de la Madeleine à Nice. « La maison est vide », glisse-t-il en s’asseyant sur son grand canapé. Son épouse, Fatima Charrihi, fut la première personne tuée par le terroriste sur la promenade des Anglais.

Pour essayer « d’apaiser un peu la douleur », Ahmed compte se rendre à l’hommage national aux victimes de l’attentat de Nice, qui pourrait avoir lieu le 14 octobre.

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« C’est important de participer à l’hommage pour ne pas oublier ma femme, explique-t-il. Un peu de reconnaissance, ça peut faire du bien. » Ahmed a porté plainte et a intégré une association de défense des droits de victimes.

« Ces moments permettent d’avancer »

Guillaume Denoix de Saint Marc est secrétaire général de l’AfVT, l’association française des victimes de terrorisme. Avec ses collègues, il conseille aux familles comme celle d’Ahmed de se rendre à l’hommage national rendu par la nation : « C’est essentiel de se rassembler dans ces moments solennels, détaille-t-il. Ça ravive des émotions mais en même temps, ces moments permettent d’avancer. »

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L’AfVT accompagnera et conseillera les familles touchées. Mais Guillaume Denoix de Saint Marc nuance : « Il faut impérativement que l’hommage soit inclusif, qu’il soit au-dessus de tout parti et de toute récupération politique. » Deux temps se dessinent alors : celui de l’hommage puis, plus tard, le temps des questions, des polémiques et des procès.

« C’est très dur »

Pour Ahmed aussi, l’hommage marquera une pause dans ses interrogations et sa colère : « Quand on voit la sécurité qui a été mise en place pendant l’Euro, je me demande comment un camion a pu arriver jusqu’ici. » Le Niçois voit dans l’hommage national un moyen d’apaiser sa douleur quotidienne : « Tous les jours, matin et soir, pour me rendre à mon travail, je dois passer devant l’endroit où ma femme est décédée, entre Lenval et Magnan. C’est très dur », dit-il en mimant la scène avec les télécommandes posées sur sa table basse.

Tellement difficile que certains proches de victime du 13 novembre avaient boycotté l’hommage qui leur était rendu, mettant en cause « les pouvoirs publics ».

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