Cannes: L'arrêté anti-burkini invalidé par le tribunal administratif

JUSTICE L'avis du Conseil d'Etat a été suivi... 

M.Fr. avec AFP

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Une femme en burkini, à Marseille, août 2016.
Une femme en burkini, à Marseille, août 2016. — AP/SIPA

Une marche arrière. Le tribunal administratif de Nice a invalidé ce mardi l’arrêté municipal de Cannes interdisant le burkini sur ses plages. Il suit ainsi l’avis du Conseil d’Etat.

« Il n’y a pas trop de surprise et c’est rassurant. Le point n°5 (du tribunal de Nice) est une reprise mot pour mot du Conseil d’Etat sur les libertés fondamentales, à savoir la liberté d’avoir sa propre opinion religieuse (liberté de conscience), celle d’aller à la plage (liberté d’aller et venir) et sur le vêtement qu’on porte ou pas (liberté personnelle) », indique l’avocat du  Comité contre l’islamophobie (CCIF) Maître Sefen Guez Guez.

L’arrêt municipal de Cannes prend fin ce mardi (et non mercredi comme il le prévoyait initialement). «La Ville de Cannes n’engagera pas de procédure de contestation, fait savoir le maire David Lisnard dans un communiqué. Passé le cap des interprétations juridiques, le problème reste réel dans toute son acuité pour l’avenir, sur la signification et les conséquences de telles tenues sur les espaces de loisirs et de détente que sont les plages publiques.»

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Trois autres villes également assignées en justice

Vendredi, le Conseil d’Etat a suspendu l’arrêté anti-burkini de Villeneuve-Loubet (alors que le tribunal correctionnel l’avait validé dans un premier temps). Une décision qui pourrait faire jurisprudence pour les autres communes de la Côte d’Azur n’ayant pas retiré leurs interdictions.

Après le cas de Cannes, c’est au tour de Fréjus, Roquebrune-Cap-Martin et Menton d’être assignés en justice par le CCIF.

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Dans les Alpes-Maritimes, le burkini est désormais autorisé à Eze, Villeneuve-Loubet, Cannes et Antibes, seule commune à n’avoir jamais pris de restriction envers ce maillot de bain intégral.