Cannes: Une femme verbalisée sur une plage pour le port d'un voile

FAITS DIVERS Cette mère de famille conteste son amende de 11 euros alors qu'elle ne portait pas de burkini... 

C.C

— 

Le hijab ne recouvre que les cheveux d'une femme.
Le hijab ne recouvre que les cheveux d'une femme. — THOMAS SAMSON AFP

C’est une histoire qui pourrait faire du bruit après la polémique du port du burkini sur les plages françaises cet été. Une femme de 34 ans a été verbalisée pour le port d’un foulard sur la tête sur une plage de Cannes, comme le révèle L’Obs. Elle pourrait porter plainte contre la mairie et l’Etat français.

>> A lire aussi : Polémique: Au tour de Nice d'interdire le port du burkini sur ses plages

Pas de différence entre le burkini et le voile pour les policiers municipaux

Les faits se sont produits il y a une semaine sur une des plages de la station balnéaire. Ce jour-là, une mère de famille profite du soleil avec ses enfants. Elle porte un legging, une tunique et son hijab qui ne couvre que ses cheveux.

Trois policiers municipaux décident d’un seul coup de se diriger vers cette mère de famille. Ils commencent par lui rappeler que la mairie de Cannes a pris un arrêté « anti-burkini » La jeune femme n’est pas vraiment au courant et de toute manière, elle n’en porte pas. Les policiers, lui, demande ensuite de mettre son foulard sous forme de bandeau sinon elle devra quitter la plage.

Des insultes racistes fusent 

Cette femme refuse de se dévêtir alors qu’un attroupement commence à se former autour d’elle et des policiers. Certains la défendent alors que d’autres n’hésitent pas à l’insulter. Ses enfants se mettent à pleurer et elle-même a dû mal à retenir ses larmes se sentant « humiliée ».

>> A lire aussi : Burkini: «Cette tenue ne fait pas partie du culte musulman»

Elle interpelle alors les policiers : « Vous me mettez une amende car je suis musulmane ? », ces derniers n’hésitent pas à lui répondre : « Dans le climat actuel, vous comprenez, on est obligé de verbaliser ! » Les forces de l’ordre finissent par lui remettre une amende de 11 euros qu’elle paie à contrecœur pour rester sur la plage.

Elle compte bien se défendre 

Aujourd’hui, cette femme affirme avoir saisi le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) et devrait porter plainte contre la  mairie de Cannes et l’Etat français.

Le maire, David Lisnard, lui a décidé de contre attaquer en affirmant : « Vous me faites un procès à charge. Il y a d’ailleurs beaucoup de femmes musulmanes sur nos plages. Mais elles ne peuvent pas porter de tenue ostentatoire. » Une vision de la laïcité sur laquelle la justice devrait être amenée de nouveau à se prononcer prochainement.

>> A lire aussi : Interdiction du burkini: La requête de la ligue des droits de l'homme examinée par le tribunal administratif