Mosquée de Nice: «Un détournement de pouvoir» par la mairie évoqué au Conseil d'Etat

POLEMIQUE La plus haute juridiction administrative de France se penche jusqu'à mercredi sur la question de l'ouverture du lieu de culte... 

Mathilde Frenois

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Dans la mosquée En Nour, à l'ouest de Nice.
Dans la mosquée En Nour, à l'ouest de Nice. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Les responsables de l’institut En Nour veulent ouvrir leur mosquée, la mairie de Nice s’y oppose, par tous les moyens. Une divergence qui a conduit les deux parties, ce mardi, devant le Conseil d’Etat, la plus haute juridiction administrative de France. Ce dernier est allé jusqu’à évoquer « un détournement de pouvoir » de la ville, selon Nce-Matin

D’abord autorisée par le préfet, c’était au tour du juge des référés du tribunal administratif de Nice de sommer le maire de signer l’arrêté autorisant l’ouverture du lieu de culte. Malgré l’amende de 500 euros par jour de retard, la ville s’y refuse toujours. Et le maire de Nice, désormais Philippe Pradal, espère faire annuler le jugement.

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Une décision attendue vendredi

Si la mairie (dont les arguments étaient auparavant portés par Christian Estrosi) ne veut pas que la mosquée accueille du public, c’est à cause de son emplacement et des conditions de sécurité. Un financement saoudien et une influence salafiste avaient également déjà été évoqués.

Argument qui ne convainc pas le ministère de l’intérieur : « La municipalité veut faire échec par tous les moyens à l’ouverture d’un lieu de prière, maintient sa représentante Pascale Leglise. Le préfet des Alpes-Maritimes souscrit tout à fait à la décision du juge du référé du tribunal administratif et est prêt à se substituer au maire de Nice s’il faut faire appliquer la loi. Depuis le 6 juin, la mairie n’a rien fait, malgré les injonctions », rapporte le journal local.

Les débats se poursuivront mercredi avec les justifications de la mise aux normes de la mosquée. La décision d’ouverture, ou non, devrait être connue vendredi.