Intempéries sur la Côte d’Azur : «Des décès auraient pu être évités», affirme une association

JUSTICE Elle vient de déposer plainte (c'est la deuxième) pour «établir des responsabalités»...

Fabien Binacchi
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Deux pompiers à ,Mandelieu-La-Napoule, le 4 octobre 2015
Deux pompiers à ,Mandelieu-La-Napoule, le 4 octobre 2015 — BORIS HORVAT / AFP

C’est le fruit de « huit mois d’enquête », assure Bernard David. L’ancien élu d’opposition de la commune de Mandelieu est sûr de son dossier. Via l’Association d’information et de défense de Mandelieu-La Napoule (AIDCM) qu’il préside, l’ex-candidat à la mairie vient de lancer une action en justice pour « établir des responsabilités » après les inondations meurtrières du 3 octobre dernier.

La seconde après celle, intentée dès le mois de mars, par 26 sinistrés et familles de victimes. « Très documentée », assortie de vingt annexes, cette nouvelle plainte « contre X » cible très clairement la municipalité mandelocienne.

Une vidéo montée par l’Association d’information et de défense de Mandelieu

« Elle a reçu plusieurs préconisations qui n’ont jamais été suivies d’effets, attaque Bernard David. Des décès auraient pu être évités ». Le soir du 3 octobre, huit personnes périssaient dans les garages inondés de plusieurs résidences de la commune.

Un bassin de rétention et un système d’alerte

Le responsable d’association évoque entre autres deux études de 1999 et 2005 qui recommandaient notamment la création d’un bassin de rétention de 800.000 m3. « Il était aussi question d’un système d’alerte de la population qui n’a pas été mis en place », pointe Bernard David.

Interrogée par 20 Minutes, la commune répond par la voix de deux de ses conseillères municipales, Pascale Bellynck et Martine Laubenheimer, dont il est précisé qu’il s’agit d’une ancienne présidente de l’AIDCM.

« Notre équipe municipale n’a pas de temps à perdre, rétorquent-elles évoquant des "gesticulations". [Elle] préfère concentrer ses efforts sur la poursuite des actions menées dans le cadre du Papi [Programme d’actions de prévention des inondations] 2 du Riou. » La ville prévoit notamment la réalisation d’un « bassin de ralentissement » en 2017.

Le domaine de Barbossi également dans le viseur

Également dans le viseur de l’AIDCM, le domaine de Barbossi, sur les hauteurs de Mandelieu, aurait « défriché ses terrains sans autorisation, facilitant le ruissellement des eaux », selon Bernard David. Le gérant de la SCI dénonce, dans Nice-Matin, des « allégations infondées ».

Quoi qu’il en soit, le dossier est sur le bureau du procureur de la République de Grasse. « Les deux plaintes sont en cours d’enquête avant le lancement de poursuites ou leur classement », confirme Georges Gutierrez