Festival de Cannes: Les Cannois testent «Moi, Daniel Blake», la Palme d'or 2016

CINÉMA Plus de 7.000 Cannois assistent ce lundi à trois projections qui leur sont réservées…

Fabien Binacchi

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Ce lundi lors de la première montée des marches réservées aux Cannois
Ce lundi lors de la première montée des marches réservées aux Cannois — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

« Il n’a pas volé sa palme. Ce n’est peut-être pas un très grand film, mais c’est déjà un grand film. » Ce lundi après-midi, Raymond faisait partie des tout premiers à assister à l’une des trois projections réservées aux Cannois de Moi, Daniel Blake, sacré dimanche soir par le jury du 69e Festival de Cannes.

« On en sort juste un peu déboussolé. Contrairement aux autres films de Ken Loach, celui-ci n’exprime pas vraiment d’espoir », expliquait à la sortie du Grand auditorium ce retraité, essuyant quelques larmes.

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Un constat critique de l’aide sociale britannique

Palmé pour la seconde fois, le cinéaste anglais de 79 ans a choisi de raconter dans ce nouveau film la vie d’un menuisier de 59 ans. Cet homme, Daniel Blake, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction…

« Il parle de la crise telle qu’elle est. Et il pointe l’absurdité du système social anglais. Il décrit sans artifice la réalité de ce que vivent beaucoup de gens actuellement, jugeaient de leur côté Stanley et Pauline, 27 et 26 ans, chef d’entreprise et ostéopathe. Il y a beaucoup de souffrance, des personnes qui ne sont pas entendues. »

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« C’est dur car il n’y a pas d’espoir »

« On a l’habitude de montrer toute la misère du monde à la télé, tout le temps, dans les médias. Là, Newcastle (où se situe l’action du film), on a l’impression que c’est vraiment la porte à côté, et que ça peut nous arriver », abondait Nicole, une retraitée de 68 ans.

« C’est dur car il n’y a pas d’espoir. On pense un peu au suicide en sortant de là, ironisait également Matthias. Le constat, c’est ce qu’a dit Ken Loach en recevant la palme : un autre monde est possible et nécessaire. »

Deux autres projections, organisées par la ville de Cannes, sont programmées à 19 h et à 22 h 30.