Nice: Estrosi regrette le rejet de la reconnaissance faciale par le gouvernement

SECURITE Le Garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas a émis un avis défavorable à l’Assemblée nationale…

Mathilde Frénois
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Le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, a annoncé jeudi soir le renforcement du dispositif de sécurité publique dans sa ville, l'une des plus vidéosurveillées de France, avec la future installation de "caméras nomades" et d'un système de "vidéosurveillance intelligente" (VSI).
Le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, a annoncé jeudi soir le renforcement du dispositif de sécurité publique dans sa ville, l'une des plus vidéosurveillées de France, avec la future installation de "caméras nomades" et d'un système de "vidéosurveillance intelligente" (VSI). — Valery Hache afp.com

Il souhaitait la mettre en place dans la « fan-zone ». La reconnaissance faciale, que Christian Estrosi voulait expérimenter pendant l’ Euro 2016, n’a pas été accordée par le gouvernement. Le maire LR de Nice ne pourra donc pas croiser des fichiers photos aux images des caméras de surveillance de la ville, et il s’en est ému publiquement ce lundi matin.

« Il aurait suffi d’intégrer les 1.200 personnes fichées au logiciel. Mais le gouvernement nous l’a refusé avec le prétexte de la liberté individuelle », regrette-t-il.

« Un avis défavorable »

« Cette proposition comporte des risques d’atteinte aux libertés publiques, a insisté mercredi le Garde des sceaux Jean-Jacques Urvoas mercredi dernier. Je ne comprends pas l’intérêt de la disposition proposée et émets donc un avis défavorable. »

Christian Estrosi avait pourtant tout prévu. Et en premier lieu, une démonstration savamment orchestrée devant les micros et les carnets des journalistes mi-avril. Sous les caméras de la ville, des volontaires passaient sous les portiques de la « fan-zone ».

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Carrés rouges et carrés verts

A l’autre bout de la ville, dans le centre de supervision urbain, les agents surveillent leurs écrans. Rien à signaler : un carré rouge entoure la tête du spectateur. L’individu est fiché : un carré vert s’allume. Il est alors immédiatement appréhendé par la police municipale.

C’est Eric Ciotti qui, devant le parlement, a défendu ce dispositif au sein de l’hémicycle. A l’Assemblée nationale, le gouvernement vient de répondre par la négative.

« Une barrière idéologique »

« Le gouvernement oppose une fin de non-recevoir que je regrette car la reconnaissance faciale était opérationnelle à Nice, déplore ce lundi matin le député Eric Ciotti. C’est un dispositif de sécurité dont nous serons privés à cause d’une barrière idéologique. »

Les deux élus azuréens ont décidé d’écrire conjointement au Premier ministre Manuel Valls pour connaître les motivations de ce refus.

Seule ville avec des portiques

Pour équiper les 18 caméras de la fan-zone, Nice aurait dû débourser 400.000 euros. C’est désormais chose impossible.

Mais elle reste tout de même la seule ville organisatrice de France à imposer un passage sous les portiques de sécurité aux supporters voulant profiter de la « fan-zone ».

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