Mosquée à Nice: Christian Estrosi va porter plainte contre le préfet

JUSTICE Le maire de Nice veut que le représentant de l'Etat accorde plutôt son feu vert pour l'ouverture d'une crèche à la même adresse...

Fabien Binacchi

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Christian Estrosi, ce lundi matin, dans la salle du conseil municipal de Nice.
Christian Estrosi, ce lundi matin, dans la salle du conseil municipal de Nice. — M. Frenois / ANP / 20 Minutes

Il n’en démord pas. « Sauf si le gouvernement a un sursaut et qu’il prend une décision de sagesse » dans les prochains jours, le maire (LR) de Nice Christian Estrosi devrait porter plainte contre le préfet des Alpes-Maritimes après sa décision d’accorder l’ouverture d’une mosquée financé par l’Arabie Saoudite à l’ouest de la ville.

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Réuni en séance « extraordinaire » et animée ce lundi matin, son conseil municipal l’a autorisé à « ester en justice » après le « refus » par le représentant de l’Etat de « prendre un arrêté portant déclaration d’utilité publique (DUP) pour le projet de réalisation d’un équipement petite enfance » en lieu et place du lieu de culte. De son côté, l’opposition a notamment dénoncé le « populisme » du maire de Nice.

Selon lui, le projet de création d’une mosquée dans le quartier de Nice La Plaine a été initié sous le mandat de son prédécesseur en 2002 et « aucune autorisation n’a été accordée ».

L’origine des fonds en ligne de mire

Christian Estrosi comptait sur cette formalité pour faire barrage à ce dossier, auquel il est farouchement opposé. Mais début avril, le préfet avait finalement écarté le projet de crèche porté par la ville au bénéfice de l’ouverture, sous conditions, « de l’Institut En-Nour », dont la construction s’est achevée en novembre.

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Le maire de Nice, qui a réuni tout spécialement les élus de la ville sur ce sujet a rappelé qu’il « n’accepterait jamais qu’un lieu de culte financé par des fonds en provenance d’Arabie Saoudite » ouvre sur sa commune.

Le propriétaire du bâtiment (Cheikh Saleh bin Abdul-Aziz Al ash-Sheikh, le ministre saoudien des affaires islamiques) « prône la charia et a annoncé qu’il fallait détruire toutes les églises de la péninsule panarabique », s’est alarmé Christian Estrosi.

Le conseil municipal a par ailleurs voté à l’unanimité une demande de saisine de Tracfin, l’organisme du ministère de l’Économie chargé de la lutte contre le blanchiment d’argent.

« Une démarche sciemment stigmatisante », relève l’opposition

Sur les bancs de l’opposition, le socialiste Patrick Allemand a pointé la « faute morale » du maire de Nice, qui en donnant un « caractère extraordinaire » à son conseil municipal a entamé « une démarche sciemment stigmatisante ».

« Vous montrez du doigt une communauté, a lancé l’élu. C’est en persistant dans cette voie de l’humiliation que l’on alimente l’islam des caves, la clandestinité avec au final la radicalisation des jeunes », a regretté l’élu.

Allez lire sur ma page mon post qui précise ma position sur la mosquée En Nour. Je suis allé sur place où j'ai été reçu...

Publié par Patrick Allemand sur mardi 19 avril 2016

« Nous proposerons d’ici à la fin de la semaine un autre projet pour l’implantation d’une mosquée à l’ouest de la ville, sur un terrain adapté, avec des financements français et qui représentera tous les courants de la religion musulmane », a également annoncé Christian Estrosi ce lundi matin. « Il s’agira d’un complexe beaucoup plus développé qui permettra de limiter aussi les abattages clandestins », a précisé le maire de Nice.