VIDEO. Côte d'Azur: La lutte (armée) au paintball contre les chenilles processionnaires

ENVIRONNEMENT Des billes de phéromones vont être projetées sur les arbres pour perturber les papillons...

Fabien Binacchi

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Des chenilles processionnaires
Des chenilles processionnaires — Jean-Claude Martin / Inra

Arme au poing pour lutter contre la chenille processionnaire ? Des scientifiques de l’Inra Paca iront bientôt canarder les pins du parc naturel départemental de la Grande Corniche, à l’Est du département, pour faire reculer le dangereux nuisible qui pullule sur la Côte.

« Nous utiliserons des lanceurs de paintball et de petites billes remplies de phéromones femelles pour perturber les papillons mâles et ainsi limiter les reproductions », présente l’ingénieur de recherche Jean-Claude Martin.

Après une première expérimentation dans les Bouches-du-Rhône, en 2015, ce dispositif salué par le prix de l’innovation du ministère de l’Écologie sera testé au mois de juin sur les 48 ha du parc d’Èze.

Une méthode dite de « confusion sexuelle »

« Les phéromones sont contenues dans de la cire d’abeille, enrobée d’une coque biodégradable, explique le spécialiste. Nous utiliserons 100 et 400 billes par hectare. Il faut absolument quadriller l’air pour obtenir de bons résultats. »

Le procédé dit de « confusion sexuelle » doit permettre de limiter les naissances de nouvelles larves. L’expérimentation est financée par le conseil départemental à hauteur de 6.000 euros. Car il y a urgence, selon la collectivité.

« Le phénomène a tendance à s’amplifier. On voit des nids de plus en plus haut. Les processionnaires arrivent désormais jusqu’à 1.700 ou 1.800 m d’altitude », avance Cyril Marro, le directeur de l’environnement et de la gestion des risques au département.

Une pétition pour demander des moyens de lutte

« Dans certains secteurs, comme vers Gréolières, le niveau d’infestation est atroce », relève aussi Jean-Claude Martin. Les vallées de la Tinée et de la Vésubie sont également particulièrement concernées.

Des habitants de Saint-Martin-Vésubie ont même lancé une pétition sur le site Change.org pour appuyer leur « demande de lutte contre la prolifération des chenilles processionnaires dans le 06 [le département des Alpes Maritimes] ». Lancée en février, elle totalise déjà près de 18.000 soutiens.

Chez l’homme, les soies urticantes des chenilles peuvent provoquer des irritations, note l’Agence régionale de santé (ARS) Paca. C’est encore pire pour les chiens ou les chats notamment. Les toxines peuvent entraîner la perte de l’œil ou de la langue, par nécrose.