Nice: Expulsée de sa maison de la route de l'Euro, la doyenne des octogénaires est décédée

CARNET Elle s'était battue pendant quatre ans pour rester dans sa villa...

Mathilde Frénois

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Jeanne Venturino dans sa maison de la route du stade, au mois de janvier 2016.
Jeanne Venturino dans sa maison de la route du stade, au mois de janvier 2016. — M. Frénois / ANP / 20 Minutes

Elle avait dû quitter sa maison le 25 février dernier. Avec sa sœur et son beau-frère, Jeanne Venturino avait laissé la place, après quatre années de résistance, aux pelleteuses qui construisent la route menant au stade de Nice pour l’ Euro 2016. La doyenne du trio d’octogénaire est décédée ce mardi matin.

« Jeanne Venturino, la doyenne alitée des sœurs est décédée cette nuit », fait savoir le comité de soutien qui voulait sauver la maison. « Depuis des semaines qu’elle avait su qu’elle ne retournerait pas chez elle, elle perdait peu à peu ses moyens… », écrivent également ses proches.

La maison du 303 avenue Sainte-Marguerite, les octogénaires l’occupaient depuis 63 ans. Mais un stade de foot et la tenue de l’Euro 2016 étaient venus contrarier le quotidien de Jeanne, Marcelle et Pierre. Une voie d’accès de 40 mètres devant traverser leur jardin et leur villa. Un avis d’expropriation était alors lancé.

Après quatre ans de bataille judiciaire contre la métropole Nice Côte d’Azur, le trio s’est vu contraindre de quitter les lieux en février dernier. Encadrés par des policiers et des pompiers, les octogénaires avaient été conduits à l’hôpital.

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Pourtant, une solution de relogement a été proposée à la famille. Une maison située à quelques mètres de leur précédente villa que les Venturino ont toujours refusée « car il manque un ascenseur, une seconde chambre et un terrain constructible », rappelle Laetitia Barriera.

La métropole affirmait, au moment de l’expulsion, avoir « appliqué une décision de justice ». Quant à la proposition de relogement de la famille, elle indique que « les Venturino ont annulé la dernière signature de bail qui était prévue. »

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Jeanne Venturino, elle, s’accrochait à ses racines familiales. « Ce sont mes parents qui ont construit cette maison en travaillant dur, expliquait-elle, entourée de ses souvenirs dans son salon au premier étage. Tout ça pour des matchs de foot… Je veux mourir chez moi ! », martelait-elle en regardant les pelleteuses s’approcher du jardin de la villa.