Intempéries mortelles sur la Côte d'Azur: A Mandelieu, une plainte pour «trouver des responsables»

JUSTICE Le soir du 3 octobre 2015, une vague d'eau et de boue avait tué huit personnes dans la commune...

Fabien Binacchi
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Huit personnes sont mortes dans ce parking souterrain, à Mandelieu.
Huit personnes sont mortes dans ce parking souterrain, à Mandelieu. — F. Binacchi / ANP / 20 Minutes

Ils cherchent des responsables. Vingt-six habitants de Mandelieu, sinistrés et proches des victimes des inondations du 3 octobre ont porté plainte contre X.

« Que l’on rejette la faute sur les personnes décédées m’a mis hors de moi. Dans cette affaire, il faut que des responsabilités soient établies », explique Olivier Bredow, le porte-parole du Collectif des victimes desinondations de Mandelieu-La-Napoule.

Ce soir-là, huit personnes étaient tuées alors qu’elles tentaient de mettre à l’abri leurs voitures garées dans les souterrains des résidences du Cap Vert et du Lavandin, à proximité du fleuve Riou. Une vague d’eau et de boue les avait pris au piège.

« Homicides involontaires »

Avec ces plaintes pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui » et « homicides involontaires », le collectif aimerait savoir si le drame aurait pu être évité. Son dossier est notamment documenté par une étude commandée par la mairie de Mandelieu en 1999.

« Elle préconise de réguler l’urbanisme dans cette zone et de réaliser un bassin de rétention. Le texte n’a pas été suivi d’effets », selon Olivier Bredow. Faux, rétorque la ville qui se dit « tout à fait à l’aise vis-à-vis de cette plainte ».

« L’étude a notamment débouché sur plus de 8 millions d’euros de travaux sur les berges, avance David Konopnicki, le manager général de la commune. Depuis 1995, la mairie a investi 18 millions d’euros. »

Et à la suite du drame, la municipalité a entrepris de nouveaux travaux. Dans la deuxième version de son Programme d’actions de prévention contre les inondations (Papi), la ville prévoit notamment la réalisation d’un « bassin de ralentissement » dans le courant du deuxième semestre 2017.


Vers un nouveau plan de prévention

Mardi, le parquet de Grasse ne pouvait pas encore préciser les suites données à ces plaintes : ouverture d’une enquête préliminaire ou d’une instruction.

Parallèlement, les espaces à risques seront revus et corrigés. Depuis le déluge, la préfecture des Alpes-Maritimes travaille à une nouvelle carte des zones inondables classées « rouge » (l’actuelle date de 1998), en utilisant les photos aériennes prises au lendemain de la catastrophe.

Aussi, un nouveau Plan de prévention du risque inondation (PPRI) devrait voir le jour. Vingt personnes avaient trouvé la mort dans ces intempéries. Elles ont aussi occasionné 800 millions d’euros de dégâts.